Lutte contre les abus: Le PLR veut limiter l'immigration
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Lutte contre les abusLe PLR veut limiter l'immigration

Le Parti libéral-radical (PLR) veut limiter l'immigration des «pays tiers», lutter contre les abus et améliorer de manière drastique la durée de traitement des demandes d'asile.

La Suisse est débordée par des flux perpétuels de migration, estiment les libéraux-radicaux. Le parti tient à la libre circulation des personnes avec l'Union européenne, mais il veut limiter l'immigration des pays tiers.

La Suisse compte tous les ans 80'000 à 100'000 personnes de plus, a rappelé jeudi devant la presse à Berne le conseiller national argovien Philipp Müller. Depuis quelques années, le pays subit une pression migratoire croissante, surtout d'Afrique. Compte tenu de l'évolution démographique attendue, cela ne va pas s'arranger, a averti le parlementaire.

Pas question d'ouvrir toutes les frontières: contrairement à ce que veut faire croire la gauche, le mélange de différentes cultures n'est pas toujours bénéfique pour la Suisse, assure le PLR dans un papier qu'il met en discussion sur www.immigrationpragmatique.ch. Le parti se défend aussi d'appeler au repli sur soi comme l'UDC.

Au nom du «pragmatisme», il appelle à réduire l'immigration des pays hors de l'Union européenne à l'essentiel. «C'est le levier le plus facile à actionner», justifie Philipp Müller. Avec 40'000 à 45'000 arrivées par an, cette catégorie d'étrangers est très importante, or moins de 3000 étaient des travailleurs qualifiés dont des entreprises comme Google ou Microsoft ont vraiment besoin.

Regroupement familial limité

Le PLR propose de limiter le regroupement familial pour les étrangers des pays tiers. Le titulaire d'un permis d'établissement ne doit pouvoir faire venir sa famille que s'il a un logement approprié et ne dépend pas de l'aide sociale.

Cela réduira les problèmes avec une population déjà difficile à intégrer, a plaidé la conseillère d'Etat st-galloise Karin Keller- Sutter en argumentant pour une loi-cadre sur l'intégration. L'enjeu est important: la moitié des ressortissants des pays tiers arrivent en Suisse via le regroupement familial.

En matière d'asile, le PLR veut rectifier le tir en accélérant les procédures, réservant l'asile aux vrais réfugiés et intensifiant le combat contre les passeurs. Il envisage encore de sanctionner les Etats refusant de réadmettre des ressortissants déboutés via une politique restrictive de visas.

Succès européen

Contrairement à l'UDC, le parti estime que l'accord sur la libre circulation est un succès pour la prospérité suisse. Mais il réclame des garde-fous liant plus étroitement la durée du permis de séjour à l'emploi du concerné et veut conserver jusqu'à fin mai 2016 des quotas pour les Bulgares et les Roumains.

Plus inattendu dans ce dossier, le PLR propose des mesures pour favoriser les constructions de logement et une stratégie pour financer les infrastructures de transport à long terme. Il s'agit de répondre à la croissance rapide de la population en Suisse.

Ses délégués examineront les douze revendications du parti lors d'une assemblée le 12 février. (ats/ap)

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