Actualisé 19.03.2020 à 05:47

Coronavirus en Suisse romande

Le plus beau jour de leur vie devra encore attendre

Afin d'éviter la propagation du Covid-19, de nombreux mariages ont dû être reportés. Entre déception, réorganisation et soucis administratifs, les futurs époux étalent leur dépit.

de
Valentina San Martin
DR

Faire-parts envoyés, voyage de noces réservés, robe de mariée ajustée, costard trouvé: tout était prêt pour que le jour J soit parfait... Et puis, il y a eu le Covid-19. La Confédération et les Cantons ont dû prendre des mesures strictes qui limitent les rassemblements de personnes. Pour de nombreux futurs mariés, c'est un coup de massue: leurs noces n'auront pas lieu. «L'Etat civil m'a appelée aujourd'hui pour me dire que tous les mariages sont annulés. Nous devions nous unir le 18 avril. Les alliances sont même déjà gravées», raconte avec dépit Dania, une Fribourgeoise de 26 ans.

Des mois d'investissement à la trappe

Ludovic et Jessica, 28 ans, devaient célébrer leur cérémonie civile le 2 avril. «Tout était prêt. Nous avions environ 200 invités et même de la famille venant d'Amérique et d'Italie. Mais il a fallu se rendre à l'évidence. Tout a été reporté à 2021.» C'est le coeur lourd qu'elle et son fiancé ont prévenu tous les prestataires qu'il fallait tout reporter. «Heureusement, ces derniers se sont montrés compréhensifs et flexibles par rapport à la situation», saluent les futurs mariés.

«La photographe professionnelle que nous avions engagée nous a remboursés sans frais. Toutefois, pour une de nos animations, il n'y a pas de eu remboursement mais un bon à utiliser pour le prochain événement. Le voyage de noces est annulé. On n'a pas encore reçu de réponse de la compagnie aérienne ni de l'hôtel», explique Sabrine, une Lausannoise de 27 ans. Cela faisait une année et demie qu'elle et son fiancé préparaient leur union.

Dérogation spéciale pour les personnes en situation de «décès imminent»

Ces couples ne sont de loin pas les seuls à devoir repousser leur union. «Environ 700 rendez-vous concernant des mariages, cérémonies et séances de préparation ont été annulés», explique Frédéric Rouyard, chargé de communication au Service de la population vaudois. Quelques futurs époux ont vu la date de leurs noces maintenue mais la cérémonie devra se dérouler uniquement en présence des mariés et des témoins, et tout en respectant les conditions sanitaires prévues par la Confédération. Et cette dérogation spéciale n'est accordée qu'aux personnes «en situation de décès imminent», précise Frédéric Rouyard.

Et les fiancés binationaux?

Damien (25 ans) devait se marier ce vendredi 20 mars. Mais, originaire des Caraïbes, sa future femme âgée de 30 ans n'a pas de permis de séjour en Suisse. «Ma fiancée et notre fille de 3 ans se sont déplacées de la France jusqu'à Lausanne et on nous a contactés lundi pour nous dire que notre mariage n'aurait pas lieu», regrette Damien. Aujourd'hui, d'autres écueils administratifs se dressent devant la petite famille. «Ma fiancée doit renouveler son permis de séjour français qui sera périmé dans un mois et demi. Avec le blocage des frontières et le confinement en France, j'imagine que le rendez-vous à la préfecture est annulé. Le problème, c'est que ma fiancée va se retrouver par la force des choses sans papiers en France et en Suisse...»

En ce qui concerne les potentiels cas suisses, Frédéric Rouyard se veut rassurant: «Si le mariage a dû être reporté à cause de la situation actuelle de pandémie, aucune décision de renvoi ne peut intervenir dans l'intervalle.»

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!