Le poker déchaîne les passions en Suisse
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Le poker déchaîne les passions en Suisse

Le poker déchaîne les passions.

De plus en plus de personnes s'y adonnent en Suisse. Si le jeu reste illégal en dehors des casinos, les autorités ont récemment assoupli la réglementation pour la tenue de tournois dans d'autres lieux.

La loi est stricte et n'autorise les jeux de hasard avec de l'argent que dans les casinos. La police met régulièrement fin à des parties ailleurs, saisit de grosses sommes d'argent et transmet les joueurs à la justice. Faute de dénonciations, elle a un peu plus de peine à intervenir dans les chaumières, où ces jeux sont également interdits.

La Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ) a toutefois décidé en décembre d'alléger les dispositions concernant le poker. Des tournois peuvent avoir lieu ailleurs mais ils doivent répondre à différents critères. La durée de la partie et les montants mis en jeu doivent notamment être définis à l'avance.

Pas seulement la chance

Mais surtout il faut que les parties dépendent de manière prépondérante de l'adresse du joueur. La CFMJ reconnaît en effet que le succès en poker n'est pas seulement le fait de la chance mais est également dû en bonne partie aux compétences des joueurs.

Un changement d'attitude qui réjouit Swiss Gamblers, l'association alémanique des joueurs de poker. Pour Marc Schöni, informaticien de 27 ans qui pratique le jeu depuis trois ans, il ne fait aucun doute que les compétences (»skills» dans le jargon) comptent pour un tiers dans ce qui fait un bon joueur. Les deux autres facteurs sont la chance et la psychologie.

Swiss Gamblers, association non lucrative, veut rendre populaire le poker et améliorer le jeu de ses adeptes. Pour y parvenir, elle propose des cours, donnés notamment par son président Robert Walser et par Marc Schöni.

Succès à Berne

Lors de la foire du poker, qui s'est tenue en décembre à Berne, Robert Walser, également informaticien de 27 ans, expliquait à l'ATS que «ce qui compte en premier lieu, ce sont les sensations fortes». Selon lui, la personne qui joue des heures durant à la roulette ou derrière des machines est beaucoup plus menacée de dépendance que le fan de poker. Il lui manque le contact et l'interaction avec les autres joueurs.

Quoiqu'il en soit, la foire du poker a parfaitement illustré le boom pour ce jeu qui touche la Suisse depuis quelques années. Mille deux cents places étaient prévues pour le tournoi, qui offrait au vainqueur le droit de participer à un grand tournoi en Australie. Mais l'engouement a été tel qu'il a fallu en ajouter 300.

En poker, il est rapidement clair si quelqu'un a ou non du talent. Si ce n'est pas le cas, il lui vaut mieux abandonner. En revanche, s'il démontre une certaine adresse, le passe-temps peut devenir très intéressant. Avec modération, le risque financier est petit. Mais «celui qui est bon peut remporter de jolies sommes. C'est arrivé souvent», relève Marc Schöni.

Professionnel du poker

Rino Mathis fait partie de ceux-ci. A 35 ans, il se présente comme un joueur professionnel, et ce même auprès du fisc. Depuis six ans, cet informaticien a fait du jeu de cartes son métier, ce qui lui permet d'avoir, selon ses propres dires, un bon revenu.

En plus des parties, le «professionnel», membre d'honneur de Swiss Gamblers, donne des cours et des exposés. Malgré un facteur chance important, Rino Mathis estime que la clé du succès est «la discipline et la constance». «Il ne faut pas être parfait, il suffit de faire quelques erreurs de moins que ses adversaires», déclare-t-il. (ats)

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