13.10.2020 à 12:00

votation du pré-du-stand (GE)Le pôle football entre les mains du Tribunal fédéral

La justice genevoise avait validé le «non» obtenu par neuf voix d’écart. L’avocat des propriétaires conteste ce «hors-jeu flagrant non sifflé».

de
Jérôme Faas
Image de synthèse du complexe économico-sportif rejeté d’un cheveu par le peuple en novembre 2019.

Image de synthèse du complexe économico-sportif rejeté d’un cheveu par le peuple en novembre 2019.

De Giuli & Portier architectes SA

La saga de la création d’un pôle football au Pré-du-Stand, au Grand-Saconnex, se poursuit. C’est le Tribunal fédéral qui tranchera le sort de cette votation extraordinairement serrée, qui avait divisé les Genevois en novembre 2019. Comme pressenti, Me Pascal Pétroz, qui représente les propriétaires du terrain, a annoncé qu’il allait saisir l’instance suprême, contestant donc l’arrêt rendu le 2 octobre par la Chambre constitutionnelle cantonale.

Pour rappel, le 24 novembre 2019, la construction dans cette zone d’un complexe immobilier commercial et de terrains de football destinés au Servette FC était acceptée par 15 voix d’écart. Vu l’écart infime, un recomptage était ordonné. Le 25 novembre, un résultat inverse était annoncé: le projet était dorénavant refusé par neuf voix d’écart. Me Pascal Pétroz avait alors saisi la justice genevoise, qui vient de lui donner tort.

Scientifique pas entendu

«Cette décision me met très mal à l’aise, explique-t-il. C’est le hors-jeu flagrant qui n’est pas sifflé. Le Tribunal fédéral, ce sera la VAR (ndlr: en football, l’assistance vidéo à l’arbitrage).» L’avocat explique agir tout d’abord «parce que le résultat se situe dans la marge d’erreur, ce que la Cour dit elle-même. Il ne peut donc pas être probant.» Il s’étonne que la justice n’ait pas accepté d’auditionner le statisticien Gérard Antille, et n’ait pas discuté ses analyses versées au dossier. «Du point de vue du droit d’être entendu, c’est très limite.»

Une affaire de principe

S’il admet bien sûr que ses clients ont intérêt à ce que le non passe l’épaule afin que le projet immobilier se réalise, il dit aussi en faire une affaire de principe. «Il existe ici un véritable enjeu institutionnel. La population genevoise ne doit pas se retrouver dans la situation de l’élection présidentielle américaine de 2000 mettant aux prises Georges W. Bush et Al Gore, avec une incertitude. Or, ici, il est impossible d’être sûr du résultat.»

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27 commentaires
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soupe au béton

14.10.2020 à 16:31

Lors du recomptage, ils certainement fait extrêmement attention de ne pas se planter. S'il devait y avoir un 3ème comptage, alors pourquoi pas ensuite un 4ème, puis un 5ème,... Cela sera sans fin. Les promoteurs qui rêvaient de raser cette zone agricole - déjà qu'il y en a très peu dans le canton comparé à la population - pour la bétonner - 90'000 m2 - et s'en mettre plein les poches devront trouver autre chose. Le verdict des urnes, si serré soit-il, est tombé. Point-barre.

Jacques

14.10.2020 à 10:39

Pas clair en effet

Jérôme

14.10.2020 à 10:36

Top ils ont bien raison