Actualisé 16.02.2017 à 14:10

Affaire Théo

Le policier mis en examen pour viol donne sa version

Interrogé par un collègue, le gardien de la paix accusé d'avoir sexuellement abusé de Théo avec une matraque n'a jamais évoqué de coups sur les fesses.

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Le policier de 27 ans accusé d'avoir sexuellement abusé de Théo avec sa matraque dit ne jamais avoir porté de coups sur les fesses du jeune homme. Le gardien de la paix a d'ailleurs porté plainte contre Théo. Avant que ce dernier ne soit conduit à l'hôpital et que sa grave blessure à l'anus soit constatée, l'agent a donné sa version des faits à un collègue. «L'Express» en livre quelques extraits.

Pour rappel, la patrouille de police se trouvait à Aulnay-sous-Bois, le 2 février dernier, pour y procéder à des contrôles sur une dizaine de personnes. L'agent explique que c'est lors de la fouille d'un individu qu'une bagarre se déclenche. Dans la confusion générale, les policiers essaient d'interpeller Théo mais se retrouvent encerclés par les autres personnes présentes. «Pris dans l'action, nous ne pouvons faire appel aux renforts», décrit l'agent, qui ajoute que la résistance de Théo a envenimé la situation.

«Prêt à tout pour se soustraire»

Le policier raconte sa lutte avec le jeune homme: «Alors que je viens de lui saisir le bras, je reçois de sa part un coup de poing au niveau de la pommette gauche. Durant quelques instants, je suis sonné. Je comprends à ce moment-là que l'individu sera prêt à tout pour se soustraire.» Finalement plaqué au sol par un autre agent, qui se retrouve également à terre, Théo est toujours très agité. Le policier évoque l'utilisation de sa matraque: «J'use alors de ma matraque télescopique et lui porte des coups en visant l'arrière des cuisses. L'individu continue de se débattre», explique-t-il.

Alors que le gardien de la paix est toujours aux prises avec Théo au sol, «subitement un jet de gaz lacrymogène s'échappe de la bombe du gardien», raconte le policier, qui pense que ce jet était accidentel. Malgré le renfort d'un autre agent, le jeune homme est toujours difficile à maîtriser: «Il continue de piétiner le gardien de la paix qui se trouve toujours dos contre sol», assure-t-il.

«Membres inférieurs» visés

Le policier fait alors à nouveau usage de sa matraque, mais à aucun moment il ne parle de coups sur les fesses: «Je décide de porter à l'individu des coups de matraque télescopique en visant ses membres inférieurs dans l'espoir de lui faire perdre l'équilibre et de l'amener au sol», décrit-il. Théo est finalement menotté. L'agent assure ne pas avoir remarqué que le jeune homme était blessé. Il ajoute que son pantalon «était descendu jusqu'à ses genoux durant sa rébellion».

Les quatre agents impliqués dans l'arrestation ont été mis en examen. Un pour viol, les trois autres pour violences. Théo, lui, est toujours hospitalisé. Il présentait une plaie rectale de 10 centimètres de profondeur et a dû être opéré.

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