Actualisé 28.02.2020 à 20:53

Justice vaudoiseLe policier pervers ira en prison

Le Tribunal de Vevey condamne un fonctionnaire à 3 ans de prison, dont six mois ferme. Son comportement a été qualifié de «vil et de lâche».

von
Christian Humbert

La Cour s'est montrée intransigeante avec l'accusé qui ne paraît pas s'être pleinement rendu compte du mal qu'il a fait. S'il suit un traitement psychiatrique, c'est surtout pour se préoccuper de sa dépression à la suite de son renvoi immédiat de la police cantonale vaudoise. Le président du tribunal a souligné que le refus du policier de se souvenir des faits est surtout lié à sa volonté de passer à autre chose.

«Du plaisir dans le pouvoir et leur contrôle»

Les juges ont retenu les actes sexuels avec des enfants pour avoir transmis à une écolière des vidéos sur lesquelles il se masturbait. S'ajoutent la pornographie, la contrainte sexuelle et la calomnie. Le comportement du condamné a été qualifié de «vil et de lâche avec un total mépris de ses victimes, dont il n'a pas hésité à salir la réputation». L'expert psy mandaté avait souligné qu'«il a éprouvé du plaisir dans le pouvoir et leur contrôle». L'individu avait sollicité de jeunes femmes qu'il connaissait pour obtenir des photos d'elles dénudées. Puis, sous un pseudo féminin, en se disant lesbienne, il les a menacées de diffuser ces images si elles ne lui en fournissaient pas des plus «hard». C'est ainsi qu'il en a obtenu des clairement pornographiques, mais ces femmes se sont alors tournées vers leur connaissance en uniforme pour savoir comment réagir. «On ne peut rien faire. Il vous faut accepter le chantage», leur conseillait-il en surveillant l'ordinateur de la police pour savoir si elles déposaient plainte. L'une d'elles l'a finalement fait. Le célibataire trentenaire a alors été débusqué. Il a versé dix mille francs pour tort moral à deux victimes.

Régime de semi détention

La peine infligée vendredi à cet ex-gendarme vaudois est de 3 ans de prison, dont six mois ferme et trente mois avec sursis de cinq ans. A noter toutefois que cette peine ferme peut être purgée sous le régime de la semi détention. L'homme, qui n'a été détenu qu'un jour au début de l'enquête en automne 2016, n'ira donc pas derrière les barreaux vingt quatre heures sur vingt quatre. La Cour a ainsi suivi le réquisitoire de la procureure.

Sa condamnation s'accompagne d'un cadre strict durant les cinq ans du sursis. Il lui est vivement conseillé de poursuivre son traitement psy car le risque de récidive est sérieux. Il devra aussi rembourser vingt six mille francs de frais.

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