Féminicide à Mérignac - Le policier qui a pris la plainte condamné pour violences familiales
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Féminicide à MérignacLe policier qui a pris la plainte condamné pour violences familiales

Mercredi, «Le Canard Enchaîné» révèle que la victime qui avait porté plainte contre son époux violent, en mars, à Mérignac (F), avait déposé devant un policier condamné pour violences domestiques.

La mère de famille a été brûlée vive par son mari violent.

La mère de famille a été brûlée vive par son mari violent.

AFP

Le policier qui avait recueilli le 15 mars la plainte de Chahinez D. contre son mari violent, avant qu’il ne la brûle vivante le 4 mai 2021 à Mérignac, venait d’être condamné pour «violences intra-familiales», a-t-on appris auprès du parquet, confirmant une information du «Canard Enchaîné».

«Nous avons été informés le 24 juin par le juge d’application des peines de Bordeaux qu’un des fonctionnaires ayant pris la plainte du 15 mars 2021 de Chahinez D. avait lui-même fait l’objet d’une condamnation pour violences intra-familiales», a indiqué à l’AFP le parquet de Bordeaux.

Le policier a reconnu les faits

Le tribunal correctionnel de Bordeaux l’avait condamné le 10 février à une peine de 8 mois de prison avec sursis probatoire et non-inscription de cette condamnation au casier judiciaire B2, selon le parquet. Le policier «a reconnu les faits, précisant être suivi par un addictologue» et a été condamné pour «violences habituelles sur son ex-conjointe», écrit «Le Canard Enchaîné».

Jointe par l’AFP, la police nationale précise qu’«une enquête administrative avait été ouverte dès que l’épouse du policier avait déposé plainte».

Hiérarchie au courant

À la suite de cette enquête, le fonctionnaire a fait l’objet d’une «demande de renvoi devant un conseil de discipline», «qui ne s’est pas encore tenu», précise la police nationale. Selon «Le Canard Enchaîné», sa hiérarchie était «parfaitement au courant, l’un de ses chefs» reconnaissant que «son affectation au bureau des plaintes «était discutable»».

«Je trouve regrettable qu’après ce type de condamnation, la procédure disciplinaire et la réaction de la hiérarchie soient aussi longues», a réagi Me Solène Roquain-Bardet, avocate de Chahinez Daoud depuis début 2021. «Je déplore qu’une personne condamnée par le tribunal correctionnel, avec en plus un problème d’addiction selon la presse, reste en contact direct avec le public et puisse continuer à recevoir des plaintes», a-t-elle ajouté.

«Cela me conforte dans l’idée qu’il est essentiel d’avoir dans chaque commissariat et chaque gendarmerie un référent ou une cellule qui soient formés» pour ce type de plaintes, a-t-elle ajouté.

Blessée par balles et immolée

Chahinez, 31 ans, mère de trois enfants, est morte le 4 mai, après avoir été blessée par balles par son mari violent récidiviste dont elle était séparée, qui l’avait ensuite immolée par le feu dans la rue. Ce drame a suscité une vague d’indignations et provoqué une mission conjointe de l’inspection générale de l’administration et de l’inspection générale de la justice.

Le gouvernement a annoncé le 10 juin de nouvelles mesures, à la suite du rapport de cette mission, mettant en lumière une série de défaillances dans le suivi du conjoint violent multirécidiviste et la protection de la victime. Le 15 mars, la mère de famille était allée porter plainte au commissariat pour dénoncer une nouvelle agression de son conjoint, en expliquant qu’il l’avait frappée et avait tenté de l’étrangler.

Dans son rapport, la mission d’inspection souligne que «la grille d’évaluation du danger et la fiche d’évaluation des victimes» ont effectivement été «remplies», puis transmises par le policier au parquet, mais selon elle «il existe un doute sérieux sur le soin avec lequel ces grilles ont été renseignées».

(AFP)

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