Actualisé 06.08.2014 à 11:43

Neuchâtel - FacebookLe policier, qui s'était «lâché», est sous enquête

Les propos du gendarme neuchâtelois sur Facebook ne resteront pas sans conséquences. Une procédure administrative a été ouverte par sa hiérarchie.

von
cbx
Patrick Siron a tenu des propos déplacés sur Facebook.

Patrick Siron a tenu des propos déplacés sur Facebook.

Le sergent-chef Patrick Siron est sous enquête administrative pour des propos déplacés sur Facebook, selon une information publiée mardi sur le site Arcinfo. Il s'était exprimé fin juillet sur le réseau social, après l'ouverture d'un abri de la protection civile aux requérants d'asile dans sa commune de résidence. «Mais bien sûr... On va nous dire qu'il n'y a aucun souci à nous faire... (...) que la police va assurer la sécurité des lieux et bla-bla-bla. Je serai curieux de voir les prochaines stats concernant les vols à l'étalage à Marin Centre (...) Bref, ce sera à la population de faire avec au final comme d'hab!», avait-il écrit.

Le sous-officier de la police neuchâteloise se voit reprocher deux déclarations sur Facebook. D'une part il a confirmé des rumeurs sur la destruction d'un radar à la hache, d'autre part il a exprimé ses craintes après l'ouverture d'un centre pour requérants d'asile à La Tène (NE). Avocat du policier, Jean-Marie Röthlisberger a confirmé mercredi à l'ats les informations de plusieurs médias neuchâtelois.

Dans les deux cas, sa hiérarchie estime que le devoir de réserve a pu être violé. Et dans l'affaire du radar détruit, le policier est aussi accusé d'avoir violé le secret de fonction, car une enquête était en cours au sein de la police. Ce délit étant poursuivi d'office, le commandant de la police est obligé de dénoncer le cas au Ministère public auquel il transmettra un rapport.

Le policier et son avocat ont été reçus mardi par le commandant de la police neuchâteloise Pascal Lüthi pour les informer du lancement d'une procédure. Ils disposent désormais d'un délai pour prendre position, le sous-officier ayant toujours affirmé son bon droit, celui d'un citoyen dont la liberté d'expression l'autorise à prendre position à l'intention de ses quelque 600 amis sur Facebook, confirme son avocat.

Sanctions possibles

La justice aura notamment à décider si, dans l'affaire du radar, l'intérêt public est suffisamment prépondérant pour limiter la liberté d'expression. Au niveau pénal, l'affaire devrait durer plus longtemps. Sur le plan administratif, le policier risque des sanctions allant de l'avertissement à la révocation, en passant par le blâme. La première est de la compétence du commandant de la police, les deux autres du Conseil d'Etat.

Pour l'heure, le policier a fermé son compte Facebook afin d'éviter tout quiproquo à l'avenir, confirme son avocat. Mais Facebook ne le lâche pas: une page de soutien au policier a été constituée, qui compte plus de 1100 «j'aime», précisent «L'Express» et «L'Impartial». (cbx/ats)

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