Portugal: Le Portugal au ralenti pour sa 4e grève générale
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PortugalLe Portugal au ralenti pour sa 4e grève générale

Le Portugal est à l'arrêt ce jeudi en raison d'une grève générale (la quatrième en moins de deux ans) immobilisant une grande partie du pays de la péninsule Ibérique.

Ces travailleurs immobilisent le siège des pompiers à Lisbonne.

Ces travailleurs immobilisent le siège des pompiers à Lisbonne.

Trains et métros à l'arrêt, administrations fermées, transports aériens perturbés: le Portugal connaissait jeudi sa 4e grève générale en deux ans, convoquée par les syndicats contre la politique d'austérité réclamée par les créanciers du pays sous assistance financière.

La grève, lancée par les deux principaux syndicats, la CGTP, proche du Parti communiste et l'UGT, lié au Parti socialiste, devait être ponctuée de manifestations à travers le pays.

«Nous espérons une grande participation des travailleurs (...) une grande adhésion, qui va fragiliser le gouvernement encore davantage», a déclaré Armenio Carlos, secrétaire général de la CGTP qui réclame la démission du gouvernement et des législatives anticipées.

La grève de jeudi est la deuxième organisée conjointement par les deux syndicats depuis celle de novembre 2011, cinq mois après l'arrivé au pouvoir du gouvernement de centre-droit. La CGTP avait convoqué seule celles de mars et novembre de 2012.

Les deux centrales espéraient voir le mouvement s'étendre au secteur privé où quelque 400.000 employés, soit 10% du total, sont syndiqués.

Le pays est à l'arrêt

Prévoyant des difficultés la direction d'«Autoeuropa», la grande usine Volkswagen des environs de Lisbonne, a décidé d'arrêter jeudi la production.

Les transports aériens devaient également être perturbés. Les principales compagnies low-cost, easyJet et Ryanair ont annulés plusieurs vols et des retards pouvaient intervenir sur les autres compagnies qui misaient toutefois sur un impact limité.

«Je suis d'accord pour qu'on manifeste notre indignation mais si je restais à la maison je nuirais à mon patron alors que tout est de la faute du gouvernement», estimait Sergio, un tourneur-fraiseur de 35 ans dans l'attente d'un des rares autobus circulant encore dans le cadre d'un service minimum.

De manière assez inhabituelle, la grève a reçu un soutien implicite du patronat qui a joint récemment sa voix aux critiques qui pleuvent sur le Premier ministre Pedro Passos Coelho pour son zèle à appliquer à la lettre les sévères recommandations de la «troïka» (UE-FMI-BCE) représentants ses bailleurs de fonds depuis que le pays a obtenu en mai 2011 un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros.

«La grève est l'expression d'un mécontentement. Il faut intensifier le dialogue social», a ainsi déclaré le chef du patronat Antonio Saraiva.

«moins de grèves et de plus de travail»

Mais le Premier ministre, tout en reconnaissant le «droit inaliénable» de faire grève, a souligné la veille au Parlement que «le pays a besoin de moins de grèves et de plus de travail». Lors de son intervention il a de nouveau été interrompu par des contestataires qui ont entonné la chanson «Grândola Vila Morena», ancien hymne de la Révolution des Œillets de 1974 devenu un symbole de la contestation.

La grève générale se déroule sous le regard de la «troïka» qui a entamé lundi une mission à Lisbonne pour préparer la prochaine évaluation trimestrielle devant débuter le 15 juillet.

M. Passos Coelho bénéficie toujours de l'appui des créanciers qui le félicitent régulièrement pour ses efforts en vue de redresser les finances nationales. En récompense, ils ont même accepté d'alléger les objectifs budgétaires du pays et lui ont accordé jusqu'à 2015 pour ramener le déficit public au-dessous des 3% du PIB, le plafond fixé par Bruxelles.

Mais le Fonds monétaire international et l'Union européenne n'en reconnaissent pas moins que le Portugal fait toujours face à de sérieux défis tandis que M. Passos Coelho n'a pas exclu de demander un nouvel allégement des objectifs qui serait le troisième depuis le début de la mise en oeuvre du plan d'aide.

La politique d'austérité a augmenté plus que prévu la récession et le chômage et selon des prévisions officielles, l'économie, en recul depuis deux ans, doit encore se contracter cette année de 2,3% tandis que le chômage doit atteindre le taux record de 18,2 %. (afp)

Manifestation dans l'après-midi

Lisbonne, où une manifestation était prévue vers 13H30 GMT, vivait en début de matinée au ralenti et des sérieux embouteillages étaient prévus en raison de l'arrêt d'une grande partie des transports publics.

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