Crise financière: Le Portugal demande une aide européenne
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Crise financièreLe Portugal demande une aide européenne

Le gouvernement portugais a décidé mercredi d'adresser une demande d'assistance financière à la Commission européenne, a annoncé le Premier ministre portugais José Socrates à la télévision.

Le Portugal a demandé mercredi, par la voix de son premier ministre José Socrates, à bénéficier d'une assistance financière de l'Union européenne. La Commission européenne a assuré directement Lisbonne que cette demande «serait examinée le plus rapidement possible».

Le Premier ministre du Portugal José Socrates a informé mercredi soir le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de l'intention du Portugal de demander «l'activation des mécanismes de soutien financier» de l'UE, a précisé mercredi la Commission.

Après avoir résisté aux pressions des marchés et de ses partenaires européens, M. Socrates a justifié cette demande par le rejet au parlement de son nouveau programme d'austérité. Un rejet qui selon lui «a aggravé dramatiquement la situation financière du pays».

«Je suis fermement convaincu que cela va encore s'aggraver si rien n'est fait», a ajouté le premier ministre qui a démissionné le 23 mars dernier après avoir été désavoué par le parlement, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées prévues le 5 juin.

«J'ai toujours envisagé une demande d'aide extérieure comme une solution de dernier recours. Ne pas prendre cette décision aurait comporté des risques que le pays n'aurait pu courir», a-t-il dit.

Les principaux banquiers portugais avaient appelé le gouvernement à solliciter une «aide d'urgence» et plaidé pour un «emprunt intercalaire» auprès de l'UE de l'ordre de dix à quinze milliards d'euros.

M. Barroso confiant

«Le président de la Commission européenne (M. Barroso) s'est dit confiant dans les capacités du Portugal de surmonter ses difficultés actuelles avec la solidarité de ses partenaires».

Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker, avait pour sa part évoqué une assistance d'un montant de l'ordre de 75 milliards d'euros lors d'un sommet européen les 24 et 25 mars dernier.

«Nous avons des instruments en place qui sont opérationnels (pour cette assistance), à savoir le MESF (Mécanisme européen de stabilisation financière) et le FESF (Facilité européenne de stabilité financière), pour lesquels les conditions d'accès sont claires et connues», a rappelé mercredi le porte-parole de la Commission pour les Affaires économiques, Amadeu Altafaj.

Mais dans le cadre de ces dispositifs, une aide ne peut être accordée qu'en échange d'un programme d'ajustement budgétaire.

Après l'Irlande

Les instruments existants ont été mis en place au printemps 2010, à la suite de la crise grecque. Le FESF, ou Fonds de soutien, peut lever de l'argent sur les marchés grâce à des garanties apportées par les pays de la zone euro, tandis que le MESF est un instrument de prêt de la Commission européenne.

Ces deux outils ont été utilisés une seule fois pour venir en aide à l'Irlande en automne 2010.

Le Portugal devra refinancer plus de 4,2 milliards d'euros à la mi-avril et près de 4,9 milliards le 15 juin. La demande portugaise devrait être discutée lors de la réunion informelle des ministres des Finances européens agendée vendredi et samedi à Budapest.

Le Fonds monétaire international (FMI) a pour sa part affirmé mercredi qu'il se tenait «prêt» à venir en aide au Portugal.

L'opposition portugaise satisfaite

Le chef de l'opposition portugaise, Pedro Passos Coelho, président du Parti social-démocrate (centre-droit) a annoncé qu'il soutenait la demande d'aide adressée à l'UE par M. Socrates. Il s'est dit prêt à «faciliter» les négociations que devra mener le gouvernement démissionnaire.

«Jusqu'à l'élection d'un gouvernement suffisamment fort et crédible pour négocier une aide plus complète, à moyen et long terme, il est indispensable que le gouvernement en fonctions puisse négocier un cadre minimum d'aide», a insisté M. Passos Coelho. Ce dernier pourrait, selon les sondages, succéder en juin à M. Socrates.

Il a toutefois qualifié de «tardive» la demande d'aide annoncée. «Cette demande se fait pour que les Portugais vivent avec moins d'angoisse et d'incertitude», a-t-il ajouté dans une déclaration.

(ats)

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