Thaïlande: Le pouvoir maintient la pression sur des manifestants rebelles
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ThaïlandeLe pouvoir maintient la pression sur des manifestants rebelles

Les autorités thaïlandaises ont maintenu la pression sur les milliers d'opposants qui ont campé pour la deuxième nuit consécutive au siège du gouvernement.

Mais les manifestants bravaient toujours le pouvoir, malgré des injonctions de la justice.

Le Premier ministre Samak Sundaravej, dont les protestataires exigent la démission, a réaffirmé jeudi qu'il n'avait pas l'intention de recourir à la force. Il a toutefois souligné que cette crise sans précédent ne pouvait durer «éternellement».

Des milliers de policiers - certains armés de matraques et de boucliers - étaient mobilisés à l'extérieur et à l'intérieur du complexe abritant les bureaux du Premier ministre, mais le nombre de manifestants restait élevé jeudi (plus de 10 000 selon le gouvernement).

Alors que de nouvelles rumeurs nocturnes ont circulé sur l'imminence d'une intervention policière, les manifestants ont formé des rangées de «boucliers humains» pour protéger leurs dirigeants et ont mis en place de nouvelles barricades.

«Si neuf d'entre nous sont arrêtés, vous devez poursuivre le rassemblement ici. S'il vous plaît, ne quittez pas Government House», a lancé Chamlong Srimuang, général à la retraite de 73 ans et l'un des principaux animateurs de «l'Alliance du peuple pour la démocratie» (PAD), à la pointe de la contestation.

Une cour criminelle a lancé mercredi des mandats d'arrêt pour «trahison» contre neuf dirigeants et organisateurs du mouvement qui perturbe fortement depuis mardi l'activité gouvernementale. Un autre tribunal leur a enjoint d'arrêter «immédiatement» leur action et de dégager les lieux.

Un des meneurs, Somsak Kosaisuk, visé par un mandat d'arrêt, a déclaré jeudi que les avocats du mouvement avaient fait appel des deux décisions de justice, en invoquant le «droit de manifester».

Mais M. Samak a demandé aux dirigeants rebelles de «se rendre à la police».

L'objectif des manifestants nationalistes et royalistes est d'obtenir le départ de M. Samak, qu'ils accusent d'être une «marionnette» de l'ancien homme fort de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat en 2006 et réfugié en Grande-Bretagne. M. Samak, 73 ans, a été élu confortablement en décembre dernier après seize mois d'administration militaire.

Cette nouvelle crise a éclaté mardi lorsque, à l'appel de la PAD, 35 000 manifestants ont encerclé des ministères et pris d'assaut le siège du gouvernement, ainsi qu'une chaîne de télévision publique. (ats)

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