Bienne: Le préfet adjoint décrit le forcené comme «parano»
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BienneLe préfet adjoint décrit le forcené comme «parano»

Le forcené de Bienne a écrit à un cousin que la vente forcée de sa maison était pour lui «la fin de tout», indique le préfet adjoint de Bienne Philippe Garbani.

Qui définit cet homme comme «paranoïaque».

Trois jours avant les visites prévues pour les personnes intéressées à acheter la maison, soit mercredi, les autorités ont été averties que le propriétaire avait envoyé une lettre à un cousin vivant à l'étranger, relate Philippe Garbani dans une interview diffusée sur le site Internet de la TSR. Dans sa missive, il écrit que «cette date est pour lui la fin de tout».

«On a commencé à interpréter cela comme l'annonce d'un suicide ou quelque chose comme ça», raconte le préfet adjoint. Les autorités ont donc d'abord pensé à une dangerosité pour l'homme lui-même. «La dangerosité pour autrui, elle est apparue lorsqu'il a commencé à tirer sur les policiers», selon Philippe Garabani.

Tuer et être tué

Pour le forcené, cette maison familiale, dans laquelle il vivait seul et reclu, «c'est Fort Alamo», affirme le préfet adjoint. Son but est de la défendre et «il ne doit pas être très loin de là». Pour Philippe Garabani, «le programme qu'il a en tête c'est qu'il va être tué par la police. Et s'il peut emporter dans le voyage quelques uns de ces 'salopards' de policiers, alors plus rien ne le retient.»

Car l'homme en fuite depuis mercredi «en veut d'une manière excessive à la police qui est le diable et probablement aussi à l'ensemble des autorités, notamment auxquelles il a eu à faire peu ou prou au cours des dernières années», selon le préfet adjoint. Le forcené n'a jamais été vu à la préfecture mais il a écrit de nombreuses lettres aux autorités, dont certaines longues de 100 pages.

Délire de persécution

Selon Philippe Garbani, dans ses lettres, l'homme est toujours sur la défensive. Il y énumère toutes sortes de reproches à son encontre, fondés ou non, y compris celui d'avoir tué son père ou violé sa soeur. «Des choses très graves mais qui ne sont nullement documentées», selon le préfet adjoint, qui distingue chez cet homme un profil paranoïaque et un véritable délire de persécution.

Le forcené, âgé de 67 ans, semble également très remonté contre les femmes et considère comme un mal pour l'histoire de l'humanité l'émancipation féminine. Pourtant, «on ne lui connait pas beaucoup de contacts féminins, si ce n'est un énorme conflit avec sa propre soeur qui est à l'étranger et d'avoir vécu avec sa mère toute sa vie», précise Philippe Garbani.

Pas de mise sous tutelle

Les autorités n'ont jamais pris des mesures lourdes contre cet homme. «Il y a quelques années, il y a eu une procédure de mise sous tutelle qui a été envisagée mais qui n'a pas abouti», selon Philippe Garbani. Par la suite, la ville de Bienne lui a désigné un conseiller légal pour la défense de ses intérêts administratifs et financiers, mais l'intéressé à toujours refusé de le rencontrer. (ats)

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