Actualisé 15.08.2009 à 15:41

FranceLe préfet suspendu dénonce une possible «manipulation»

Suspendu de ses fonctions après la plainte d'une employée de sécurité d'Orly, le préfet Paul Girot de Langlade a évoqué samedi une éventuelle «manipulation», démentant avoir tenu des propos racistes lors d'un contrôle à l'aéroport fin juillet.

«Les comportements et les propos qu'on me fait tenir dans les médias depuis deux jours ne sont pas les miens et ne reflètent ni la réalité, ni ma personnalité», a-t-il déclaré sur France-Info. «Je n'ai toujours pas eu connaissance d'une plainte et je ne vois pas ce qu'on peut me reprocher».

«Il s'agit sans doute pour moi d'une manipulation en lien avec les deux procès qui ont été engagés à mon encontre par le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et pour lequel je vous rappelle qu'il a été débouté à deux reprises», a-t-il estimé.

«L'hôtesse d'Air France qui m'accompagnait pour le transit à Orly entre deux avions était indignée elle-même par le comportement de l'agent de sécurité et m'a présenté des excuses au nom de sa compagnie», a assuré le préfet. «Je m'étonne que des propos qui n'ont jamais été tenus soient véhiculés sans vérification approfondie et je ne comprends pas bien cette polémique», a-t-il ajouté. «Je leur ai dit 'dépêchez-vous', de façon agressive certes, mais c'est tout ce que je leur ai dit», a insisté le préfet.

A la question de savoir s'il jugeait sa suspension par Brice Hortefeux précipitée, il a seulement répondu: «peut-être».

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait annoncé vendredi la suspension immédiate de M. Girot de Langlade de ses fonctions de coordinateur pour la Réunion des Etats généraux de l'outremer, dans l'attente des résultats de l'enquête après la plainte d'une employée de sécurité de l'aéroport d'Orly.

Cette agent de sécurité d'origine antillaise accuse le préfet d'avoir tenu des propos racistes lors d'un contrôle fin juillet à Orly. Elle affirme qu'il aurait lancé: «on se croirait en Afrique ici» et «de toute façon, il n'y a que des noirs ici», selon le parquet de Créteil. Une enquête pour «injures publiques à caractère racial» a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la Police judiciaire (PJ) de Paris.

Paul Girot de Langlade a été poursuivi devant la justice pour des propos sur les gens du voyage, mais toujours relaxé. En septembre 2007, le tribunal correctionnel de Paris l'avait condamné à 2.000 euros d'amende pour «provocation à la haine raciale» mais il avait été relaxé le 25 juin 2008 par la cour d'appel de Paris. Le MRAP avait saisi la justice à la suite d'un entretien à «La Nouvelle République du Centre-Ouest» en novembre 2006.

En 2004, le même tribunal avait relaxé Paul Girot de Langlade, alors préfet du Vaucluse, poursuivi pour diffamation avoir déclaré le 23 octobre 2002 lors d'une conférence de presse à Carpentras que les gens du voyage «vivent d'escroquerie et de rapines». (ap)

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