Actualisé 07.05.2012 à 21:39

Présidentielle françaiseLe Premier ministre sera connu le 15 mai

Au lendemain de sa victoire à la présidentielle, François Hollande a déclaré lundi soir qu'il annoncerait le nom de son Premier ministre juste après la passation de pouvoirs.

«Le 15 mai, vous aurez le nom du Premier ministre», a-t-il déclaré à la presse en sortant lundi soir du bâtiment qui lui a servi de siège de campagne.

«Je dois préparer un certain nombre de déplacements et de voyages», a-t-il ajouté, référence à sa rencontre à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui doit avoir lieu après son investiture, puis à son baptême du feu diplomatique aux Etats-Unis pour le G20 (18 et 19 mai) et le sommet de l'OTAN (20 et 21 mai).

«Pendant ces quelques jours, c'est essentiellement sur les dossiers internationaux que je suis mobilisé, parce que beaucoup de chefs d'Etat et de gouvernement veulent me connaître, veulent me présenter un certain nombre de dossiers qui leur sont chers. Je dois les écouter», a-t-il dit.

Le socialiste François Hollande a remporté dimanche le second tour de l'élection présidentielle avec 51,62% des voix contre 48,38% au président sortant Nicolas Sarkozy.

Les deux hommes participeront ensemble mardi aux commémorations du 8 mai 1945, marquant la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe, cérémonie qui sera présidée par Nicolas Sarkozy.

«Que nous puissions avoir, le 8 mai, le président encore en exercice, Nicolas Sarkozy, et celui qui est désormais élu par les Français, je crois que c'est une belle image qui permet d'agir pour ce qui est, à mon avis, l'objectif qui doit être le mien au lendemain de ce scrutin: la réconciliation», a jugé François Hollande.

Demande de soutien

Le chef du gouvernement tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali, a souhaité que sous la présidence de François Hollande la France appuie davantage le processus démocratique et le «printemps arabe».

«Le chef du gouvernement souhaite que sous la présidence de M. Hollande, la France renforce son appui au processus de transition démocratique et au printemps arabe », indique un communiqué publié lundi.

M. Jebali, dont le parti islamiste Ennahda dirige le gouvernement composé d'une coalition avec deux partis de gauche, adressait ses félicitations au socialiste François Hollande après sa victoire à l'élection présidentielle.

«Le peuple français a choisi le changement, l'ouverture et le dialogue constructif», a-t-il noté, espérant voir «le mandat de M. Hollande offrir l'occasion de consolider davantage les liens d'amitié et de coopération» avec la Tunisie.

François Hollande s'était dit «attentif» aux engagements pris par le parti islamiste après sa victoire d'octobre 2011, lors de la première élection libre en Tunisie.

Au nom de la «Tunisie nouvelle», le président Moncef Marzouki et le président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar avaient félicité M. Hollande dès l'annonce des résultats de la présidentielle dimanche.

«Le peuple tunisien, qui a réalisé une révolution contre la tyrannie, est aujourd'hui sur la voie de la construction des institutions de son nouvel Etat tout en aspirant à rebâtir de nouvelles relations» avec la France, avait écrit M. Marzouki.

Un appui jugé tardif de la France à la révolution avait jeté un froid sur les relations entre Tunis et Paris après la chute de Ben Ali le 14 janvier 2011.

Messages du monde

François Hollande a reçu des messages de félicitations du monde entier après son élection, dimanche, à la présidence de la République française, a fait savoir lundi son ancien directeur de campagne, le député Pierre Moscovici.

Les contacts internationaux occupent la majeure partie du temps du nouveau chef de l'Etat, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au siège de campagne, où le président élu travaille attendant la passation de pouvoirs, le 15 mai.

Pierre Moscovici a évoqué des contacts «nombreux et très positifs» avec les dirigeants désireux d'établir un contact avec le nouveau président de la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'Onu, membre fondateur de l'Union européenne, du G8 et du G20.

Dès l'annonce de sa victoire, dimanche soir, François Hollande a eu un appel du Premier ministre britannique, David Cameron, et de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui l'a invité à Berlin, où il effectuera son premier voyage à l'étranger en tant que président la semaine prochaine.

Quant au président américain Barack Obama, il l'a invité à une rencontre bilatérale à Washington avant le sommet du G8 de Camp David (18-19 mai) et celui de l'Otan à Chicago (20-21 mai). «Une marque d'attention particulière», a dit Pierre Moscovici.

La Maison Blanche a affirmé lundi que l'alliance entre les Etats- Unis et la France restait «aussi forte» qu'auparavant, a affirmé le porte-parole de la Maison blanche dimanche soir. Barack Obama a également remercié lundi son homologue français sortant Nicolas Sarkozy pour son «leadership solide, son amitié et sa coopération dans une période difficile», a annoncé la Maison Blanche après un appel téléphonique entre les dirigeants.

Lors de cet appel, M. Obama «a exprimé son appréciation pour la coopération qui a marqué les relations entre les deux dirigeants depuis janvier 2009», et a exprimé ses «meilleurs voeux à M. Sarkozy et à son épouse Carla», a précisé le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney.

Berne va envoyer des félicitations

Berne va envoyer un message officiel de félicitations au nouveau chef d'Etat, signé de la présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf.

«La Suisse se réjouit de poursuivre son étroite collaboration avec la France et de renforcer encore les liens nombreux et variés qui lient nos deux pays», écrivent les services de Didier Burkhalter dans un communiqué. Il n'y a pas eu de téléphone direct avec M. Hollande pour le féliciter.

Le président du Conseil italien, Mario Monti, le président Giorgio Napolitano, que François Hollande avait rencontré pendant la campagne présidentielle, l'ont par contre appelé dimanche, de même que le Premier ministre canadien, Stephen Harper.

Contacts européens

Lundi, François Hollande a eu un entretien «positif et chaleureux» avec le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, et il a reçu l'ambassadeur de Chine à Paris «venu lui porter de la part du président chinois un message particulier». Le président russe Vladimir Poutine l'a également félicité.

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, le président polonais, Bronislaw Komorovski, le chancelier autrichien, Werner Faymann, et la Première ministre danoise, Helle Thorning- Schmidt, qui préside actuellement l'Union européenne, se sont manifestés.

Au chapitre européen, François Hollande a parlé au président du Conseil Herman Van Rompuy. «Leur échange a porté en particulier sur la date d'un prochain conseil européen informel, date sur laquelle Van Rompuy a demandé à François Hollande son sentiment», a dit Pierre Moscovici.

Contact a aussi été pris avec Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Martin Schulz, président du Parlement européen, et Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.

Le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, était, lui, présent dimanche soir place de la Bastille à Paris pour fêter l'élection de François Hollande.

Le président élu devait prendre contact lundi après-midi avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Le roi des Belges, celui du Maroc, le président algérien et celui de Chypre, prochain pays à présider d'UE, figurent aussi parmi les dirigeants ayant félicité le président élu. (ats/ap/afp)

Barroso tente de sceller une alliance avec Hollande sur la croissance

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso compte profiter mardi de l'élection de François Hollande en France pour remettre au goût du jour toute une série de propositions de ses services sur la croissance qui peinent jusqu'ici à se concrétiser.

«C'est clairement une perche que M. Barroso veut tendre à François Hollande» alors que le président élu français entend faire de la relance de l'activité économique au niveau européen une priorité, souligne une source européenne proche du dossier.

Le document que présentera le président de l'exécutif européen «ne contient pas d'idées nouvelles», reconnaît cette source, mais il reprend dans les mesures présentées depuis deux ans celles susceptibles à ses yeux d'avoir l'impact le plus important pour la croissance à court terme. Et donc potentiellement de séduire le nouveau chef de l'Etat français. «On sait que les Etats n'ont plus d'argent au niveau national pour faire de la relance, il faut donc utiliser l'argent disponible au plan européen», souligne-t-elle.

On y retrouve des propositions que le président socialiste élu a lui-même déjà reprises à son compte dans son projet de pacte de croissance visant à compléter le pacte de discipline budgétaire voulu par la chancelière allemande Angela Merkel. Et ce pour le plus grand plaisir de la Commission qui y voit un moyen de les faire avancer face à des pays comme l'Allemagne qui renâclent.

Il s'agit des grands travaux d'infrastructure financés par des emprunts européens mutualisés, de l'augmentation du capital de la Banque européenne d'investissement (BEI) d'au moins 10 milliards d'euros pour soutenir ces grands projets et les petites et moyennes entreprises, d'une taxe sur les transactions financières dont une partie des recettes alimenteraient le budget de l'UE, ou encore d'une meilleure utilisation des fonds européens.

M. Barroso va aussi ressortir son projet d'agenda «Europe 2020» censé doper la croissance d'ici la fin de la décennie notamment dans les nouvelles technologies (marché unique numérique) ou l'économie verte mais qui est aujourd'hui en souffrance, vu le peu d'appétit des Etats. Il entend aussi évoquer le projet bloqué de brevet industriel européen, des propositions sur l'allègement de la réglementation sur les PME ou une directive sur les services.

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