Actualisé 06.08.2012 à 16:45

Conflit en SyrieLe Premier ministre Syrien devient rebelle

Quatre ministres du Gouvernement syrien, dont le Premier ministre, ont fait défection. Le Premier ministre syrien Riad Hijab s'est rendu en Jordanie avec sa famille et a rejoint la rébellion.

M. Hijab a pris sa décision de faire défection en raison des «crimes de guerre et de génocide» en Syrie, a affirmé le porte-parole Mohamed Otri, qui intervenait en direct d'Amman, affirmant que le Premier ministre syrien se trouve en «lieu sûr» avec sa famille.

La défection de M. Hijab a été annoncée par Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui a simplement déclaré: «Il a fait défection.»

De son côté, la télévision d'Etat syrienne a indiqué dans un bandeau que «Riad Hijab a été démis de ses fonctions de Premier ministre», et que Omar Ghalawanji, vice-Premier ministre et ministre de l'Administration locale, avait été désigné pour «expédier temporairement les affaires courantes».

Dans le communiqué lu en son nom par M. Otri, le Premier ministre syrien a déclaré: «J'annonce ma défection du régime meurtrier et terroriste et pour rejoindre les rangs de l'opposition dont je deviens l'un des soldats.»

En Jordanie?

Il a affirmé en préambule que la Syrie passait par des «circonstances terribles marquées par les pires crimes de guerre, de génocide contre un peuple sans armes».

Selon M. Otri, le Premier ministre syrien a fait défection avec dix de ses proches et les membres de leurs familles qui se trouvent tous en «lieu sûr». Selon Al-Jazeera, M. Riad a trouvé refuge en Jordanie.

Le chef du Conseil national syrien, la principale coalition de l'opposition, a aussitôt salué la défection du Premier ministre, y voyant un signe du «désagrégation» du régime.

«Nous saluons la défection de Riad Hijab et toutes les autres défections parmi les responsables civils ou militaires», a déclaré Abdel Basset Sayda à l'AFP par téléphone. «Cette défection signifie que le régime se désagrège. C'est le début de la fin», a-t-il ajouté. (ap)

principales défections depuis le début du conflit

Rappel des principales défections de personnalités du régime syrien depuis le début de la révolte en mars 2011, après l'annonce lundi de celle du Premier ministre Riad Hijab, qui représente le coup le plus dur contre le régime.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a rapporté la défection de M. Hijab, tandis que la télévision d'Etat annonçait qu'il avait été démis de ses fonctions après avoir été chargé le 6 juin, alors qu'il était ministre de l'Agriculture, de former un gouvernement après les législatives de mai.

Dimanche, trois officiers des renseignements politiques à Damas, dont deux frères issus du clan du vice-président sunnite Farouk al-Chareh, ont fait défection et trouvé refuge en Jordanie. Le général Mohammad Ahmad Fares, pilote de l'armée de l'air et premier cosmonaute syrien, s'est lui réfugié en Turquie.

- Le 8 mars 2012, le vice-ministre du Pétrole, Abdo Houssameddine, annonce sa défection pour dénoncer la «brutalité» du régime de Bachar al-Assad, devenant le premier responsable gouvernemental à rejoindre les rangs de l'opposition, un an après le début de la révolte.

- Début juillet, le général Manaf Tlass, un haut gradé de l'armée et ami d'enfance du président, a fait défection. Fils du général Moustapha Tlass, ex-ministre de la Défense et ami de longue date de Hafez al-Assad, le père de l'actuel chef de l'Etat, Manaf Tlass a fait partie de la «nomenklatura» syrienne.

Le 26 juillet, Manaf Tlass a indiqué qu'il préparait une feuille de route pour une sortie de crise en Syrie impliquant d'«honnêtes» gens au sein du régime, mais sans Assad.

- Plusieurs diplomates ont fait défection en juillet.

Le 11, l'ambassadeur de Syrie à Bagdad, Nawaf Farès, a été le premier diplomate à faire défection. Il a trouvé refuge au Qatar et appelé l'armée à «rejoindre immédiatement les rangs de la révolution».

Le 24, défection de l'ambassadeur syrien aux Emirats arabes unis, Abdel Latif al-Dabbagh, et de son épouse, la chargée d'affaires syrienne à Chypre, Lamia Hariri, suivie le 25 par celle de l'attaché de sécurité de l'ambassade de Syrie dans le sultanat d'Oman, Mohammad Tahsine al-Faqir.

Le 30, le chargé d'affaires syrien à Londres, Khaled al-Ayoubi, a démissionné, suivi le lendemain du consul de Syrie en Arménie, Mohammad Houssam Hafez.

- Quatre députés ont également annoncé leur démission pour protester contre la répression du soulèvement.

Deux députés indépendants ont annoncé dès avril 2011 leur démission, suivis en janvier 2012 du député Imad Ghalioune, membre de la commission du budget au Parlement qui s'est réfugié en Egypte.

Le 26 juillet, une députée de la ville d'Alep, Ikhlas Badaoui, a fait défection et s'est réfugiée avec ses six enfants en Turquie. C'est la 1ère défection au sein du nouveau Parlement issu des législatives de mai.

Par ailleurs, le colonel Riad al-Assaad, déserteur réfugié en Turquie, a annoncé le 30 juillet 2011 la formation de l'Armée syrienne libre (ASL) pour engager une opposition armée. Depuis, 31 généraux syriens déserteurs ont été accueillis sur le sol turc.

Certains de ces généraux ont toutefois regagné la Syrie pour rejoindre les combattants actifs dans ce pays, a déclaré un responsable turc, refusant de donner le nombre exact des généraux syriens actuellement présents sur le sol turc.

Ces derniers mois, des centaines de militaires syriens ont passé presque quotidiennement la frontière avec la Turquie pour rallier l'ASL, souvent accompagnés par des soldats du rang.

Parmi les désertions les plus spectaculaires celle le 22 juin d'un pilote d'avion de combat syrien, le colonel Hassan Merhi al-Hamadé, qui s'est enfui à bord de son MiG vers la Jordanie.

La défection de Hijab montre que le régime syrien «se désagrège» (opposition)

Le chef du Conseil national syrien, la principale coalition de l'opposition, a salué lundi la défection du Premier ministre Riad Hijab, y voyant un signe du «désagrégation» du régime.

«Nous saluons la défection de Riad Hijab et toutes les autres défections parmi les responsables civils ou militaires», a déclaré Abdel Basset Sayda à l'AFP par téléphone. «Cette défection signifie que le régime se désagrège. C'est le début de la fin», a-t-il ajouté.

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