Le premier préfet noir de Suisse est fribourgeois

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Le premier préfet noir de Suisse est fribourgeois

Le socialiste Carl-Alex Ridoré sera le prochain préfet du district fribourgeois de la Sarine.

Lors du second tour de l'élection dimanche, les citoyens ont largement préféré cet avocat d'origine haïtienne, âgé de 36 ans, au candidat démocrate- chrétien.

M. Ridoré devient ainsi le premier préfet noir de Suisse. Il a obtenu 11 706 suffrages contre 7914 à Hubert Dafflon. La participation a atteint 35,5%, en nette baisse par rapport aux 47% du premier tour le 1er juin dernier.

KO debout, le PDC ne considère pas que cette défaite soit celle du parti ou de son candidat: «C'est une défaite de la droite et de sa désunion», a dit devant la presse le président du PDC fribourgeois Emanuel Waeber.

Désir de changement

Président du PS fribourgeois, David Bonny explique cette claire victoire par les compétences de M. Ridoré, qui s'est bien profilé comme député au Grand Conseil, sa qualité de juriste et surtout par le désir de changement de l'électorat.

Le député Christian Ducotterd, président du PDC du district de la Sarine, n'est pas loin de partager son analyse: «Les électeurs aiment ce genre de personnalité populaire comme par exemple le conseiller d'Etat Pascal Corminboeuf (sans étiquette)».

La dernière préfecture PDC du canton est ainsi tombée dans l'escarcelle du PS. C'est la première fois depuis 1991 qu'une préfecture est à nouveau en mains socialistes.

L'élection du socialiste n'est pas une surprise. Carl-Alex Ridoré est l'étoile montante du PS fribourgeois. Il brûle les étapes. Elu en 2001 dans le législatif de sa commune de naissance Villars-sur-Glâne, il entre au Grand Conseil en 2006 sur une brillante élection. En 2007, il manque de peu de devenir le premier conseiller national noir de Suisse. Il lui faut se contenter d'être le premier des viennent-ensuite.

Il avait réalisé un excellent score lors du premier tour de la préfectorale, arrivant largement en tête devant Hubert Dafflon (PDC) et Denis Boivin (PLR), qui dernier avait été éliminé d'office.

Droite désunie

Alors que M. Ridoré était soutenu par l'ensemble de la gauche, M.Dafflon était bien esseulé. Les radicaux n'avaient pas donné de mot d'ordre à leurs troupes. M. Boivin avait de son côté indiqué à titre personnel qu'il voterait pour M.Ridoré, estimant déterminant qu'il soit juriste contrairement à M. Dafflon.

L'UDC quant à elle n'invitait pas ses membres à se rendre aux urnes ou leur conseillait de voter blanc, les deux candidats ne lui convenant pas, car trop à gauche. Au premier tour, elle avait soutenu le radical.

Répercussions à droite

La défaite de M.Dafflon ne sera sans doute pas sans répercussions à droite. Selon M. Ducotterd, c'est peut-être le début d'un changement et d'un rééquilibrage à droite. Jusqu'à la fin de l'année dernière PDC et PLR étaient liés par une alliance qui a a plus ou moins fonctionné lors des derniers scrutins; plutôt moins de l'avis de bon nombre de radicaux.

Pour M. Waeber, c'est trop tôt pour se prononcer. La question de l'alliance n'a pas été encore discutée, pas plus à l'interne qu'avec le PLR. Le PDC aura de toutes façons du pain sur la planche aussi bien sur la question des ententes politiques que de sa relève interne.

Manque de relève

Il est tout de même significatif que le parti ait dû aller chercher hors ses rangs un candidat pour la prestigieuse préfecture de la Sarine. M. Dafflon est une recrue récente du PDC, ce qui a sans doute joué contre lui. De l'avis de M.Ducotterd, le PLR avait souligné son intérêt pour les thèmes écologistes, tentant de le repousser sur la gauche, ce qui a induit en erreur ceux qui ne le connaissaient pas.

(ats)

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