Allemagne: Le président allemand joue le médiateur
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AllemagneLe président allemand joue le médiateur

Frank-Walter Steinmeier est entré dans l'arène des négociations afin d'éviter la tenue d'élections anticipées. Il cherche un compromis entre les partis.

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Le Bundestag allemand a élu mercredi Angela Merkel chancelière pour un quatrième mandat. La dirigeante conservatrice a obtenu 364 voix sur 688 votes valables à la chambre basse du parlement. (Mercredi 14 mars 2018)

Le Bundestag allemand a élu mercredi Angela Merkel chancelière pour un quatrième mandat. La dirigeante conservatrice a obtenu 364 voix sur 688 votes valables à la chambre basse du parlement. (Mercredi 14 mars 2018)

AFP
Le parti social-démocrate lance une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Merkel. (Samedi 17 février 2018)

Le parti social-démocrate lance une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Merkel. (Samedi 17 février 2018)

AFP
L'Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens. C'est le credo défendu par le futur ministre allemand des finances Olaf Scholz (photo) dans une interview publiée samedi. (10 février 2018)

L'Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens. C'est le credo défendu par le futur ministre allemand des finances Olaf Scholz (photo) dans une interview publiée samedi. (10 février 2018)

Keystone

Deux proches alliés de la chancelière Angela Merkel ont exhorté mardi la classe politique allemande à faire les compromis nécessaires pour former un gouvernement stable. De son côté, le président Frank-Walter Steinmeier a entamé des consultations pour sortir le pays de l'ornière.

L'Allemagne se cherche une coalition depuis les législatives du 24 septembre. Mais les discussions entamées il y a plus d'un mois par le bloc conservateur CDU-CSU de la chancelière, les écologistes et les libéraux du FDP ont échoué tard dimanche soir.

Après avoir reçu la chancelière lundi, le président Frank-Walter Steinmeier a écarté la tenue de nouvelles élections dans l'immédiat. Il a appelé les partis à faire face à leurs responsabilités. Il visait indirectement les sociaux-démocrates du SPD qui martèlent depuis deux mois leur refus de participer à une nouvelle «grande coalition».

Une Allemagne «capable d'agir»

L'ancien ministre des Finances de Mme Merkel, Wolfgang Schäuble, et le secrétaire de la chancellerie Peter Altmaier ont à leur tour plaidé mardi matin pour un compromis. «Nous portons ensemble la responsabilité de notre pays», a déclaré M. Schäuble, aujourd'hui président du Bundestag, à la tribune du parlement. «L'Europe a besoin d'une Allemagne capable d'agir. Les réactions venues de l'étranger montrent que l'Europe et de nombreux pays dans le monde nous attendent.»

«Les défis sont énormes et, de la même manière que nous-mêmes avons besoin de partenaires forts, nos voisins veulent aussi avoir un partenaire fiable à leurs côtés», a-t-il plaidé.

Trancher rapidement

Sur la chaîne ZDF, M. Altmaier, qui gère aussi les finances dans le gouvernement chargé d'expédier les affaires courantes, a estimé pour sa part que les partis devaient «clarifier dans les trois prochaines semaines s'il est possible de trouver un gouvernement stable».

Angela Merkel a précisé lundi soir qu'elle préférerait un retour aux urnes plutôt qu'un gouvernement minoritaire. Une autre option consisterait à convaincre les sociaux-démocrates de revenir sur leur refus de participer à une nouvelle «grande coalition».

Le SPD, qui a essuyé en septembre dernier son pire revers électoral de l'après-guerre, estime qu'il a payé le prix fort de son alliance avec Angela Merkel. Pour nombre de responsables du parti, repartir sur quatre années supplémentaires de «grande coalition» serait un suicide politique.

Pression sur le SPD

Mais la pression s'accentue sur le SPD, dont les dirigeants seront reçus jeudi par M. Steinmeier, issu du Parti social-démocrate, dans le cadre de ses consultations. «Nous devons donner au SPD la possibilité de réfléchir à ses responsabilités», a dit M. Altmaier.

L'ancien chef du SPD Björn Engholm a lui aussi appelé ses anciens camarades à reconsidérer leur position. Il a expliqué dans les colonnes du Tagesspiegel que le parti ne pouvait pas être à l'origine d'une instabilité politique.

Début des consultations

Frank-Walter Steinmeier a de son côté entamé ses consultations en recevant durant une heure mardi après-midi les écologistes Simone Peter et Cem Özdemir. Il devait ensuite s'entretenir avec le président du FDP, Christian Lindner, qui a réaffirmé mardi matin les raisons de la rupture.

«Nous aurions été forcés d'abandonner nos principes et tout ce pour quoi nous avons travaillé pendant des années», a-t-il expliqué dans une lettre adressée à ses militants.

Frank-Walter Steinmeier a exclu de discuter avec le parti de gauche radicale Die Linke et avec l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), le parti d'extrême droite qui a fait une entrée fracassante au Bundestag après les législatives de septembre.

La montée de l'AfD, qui a promis de «faire la chasse» à Mme Merkel, pourrait se confirmer, voire prendre de l'ampleur en cas d'élections anticipées, au vu des sondages. Les Allemands qui penchent toutefois pour des élections anticipées sont les plus nombreux (45%). (nxp/ats)

(NewsXpress)

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