«Panama Papers»: Le président argentin sous pression
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«Panama Papers»Le président argentin sous pression

Mauricio Macri rejette toute «omission» dans sa déclaration de patrimoine.

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Il y a un an éclatait le scandale des Panama Papers. Le point sur l'affaire. (Vendredi 31 mars 2017)

Il y a un an éclatait le scandale des Panama Papers. Le point sur l'affaire. (Vendredi 31 mars 2017)

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Le Panama est «prêt à commencer» en 2018 l'échange automatique d'informations pour contrer la fraude fiscale internationale, a annoncé vendredi sa vice-présidente Isabel de Saint Malo (ici). Il demande à être retiré de la liste française des paradis fiscaux. (Image d'archive)

Le Panama est «prêt à commencer» en 2018 l'échange automatique d'informations pour contrer la fraude fiscale internationale, a annoncé vendredi sa vice-présidente Isabel de Saint Malo (ici). Il demande à être retiré de la liste française des paradis fiscaux. (Image d'archive)

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Les actifs des banques basées au Panama ont dépassé en 2016 les 120 milliards de dollars, un montant record atteint en dépit du scandale des Panama Papers. (Jeudi 16 mars 2017)

Les actifs des banques basées au Panama ont dépassé en 2016 les 120 milliards de dollars, un montant record atteint en dépit du scandale des Panama Papers. (Jeudi 16 mars 2017)

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Son nom dans les registres de sociétés offshore, la justice qui s'en mêle: la pression monte contre le président argentin Mauricio Macri, dont l'image a soudainement été altérée par les «Panama Papers», quatre mois après le début de son mandat.

De décembre à mars, tout semblait réussir au président de centre-droit qui a succédé le 10 décembre à Cristina Kirchner. Il venait même de remporter une éclatante victoire politique. Alors que sa formation est minoritaire au parlement, il a rallié les suffrages des parlementaires de l'opposition pour régler le vieux contentieux sur la dette héritée de la crise économique de 2001.

Depuis le 1er avril, la pauvreté a augmenté de 29 à 34% lors du premier trimestre de gestion Macri, selon un rapport de l'influente Université catholique, alimentée par une inflation galopante de plus de 30% par an, la suppression de postes dans l'administration publique, 11'000 selon le gouvernement, 100'000 d'après les syndicats.

Demande d'ouverture d'une enquête

En demandant jeudi l'ouverture d'une enquête de l'administration fiscale visant Mauricio Macri, le procureur Federico Delgado a placé dans une situation inconfortable le président argentin, applaudi ces derniers mois par les grandes puissances pour ses réformes économiques.

Un juge, Sebastián Casanello, doit encore décider s'il donne son feu vert à la procédure judiciaire.

Mercredi, un député argentin de l'opposition avait porté plainte pour évasion fiscale contre Mauricio Macri, qui prône une lutte sans merci contre la corruption.

Macri clame son innocence

Dès la révélation des «Panama Papers», Mauricio Macri avait réagi en disant qu'il n'avait eu aucune participation dans ces entreprises, raison pour laquelle il ne les avait pas mentionnées dans sa déclaration de patrimoine.

Jeudi, il a réaffirmé qu'il était innocent, qu'il n'avait commis aucune irrégularité et a annoncé qu'il fournirait vendredi à la justice tout les documents nécessaires.

Le constitutionnaliste Daniel Sabsay minimise la portée de l'affaire des sociétés offshore, une aux Bahamas et l'autre au Panama, affirmant qu'elle remonte «à son passé de chef d'entreprise, à son père Franco Macri, dont Mauricio Macri a toujours été victime».

Quelles conséquences pour Macri ?

«C'est une tache sur un costume sale», poursuit Daniel Sabsay, en référence à la corruption généralisée en Argentine.

«Cela me paraît sain qu'un magistrat demande une enquête», dit le sociologue Gabriel Puricelli, surpris par l'ampleur de l'emballement médiatique autour du cas Macri à l'étranger.

Mauricio Macri peut-il être poussé à la démission comme l'a été le Premier ministre islandais? «Pour (Sigmundur David) Gunnlaugsson, les accusations semblent beaucoup plus graves. Ici, ce n'est pas l'Islande. Il y a plus de tolérance à la corruption».

Série de réformes

«Le risque pour Macri», relève-t-il, «c'est que le mécontentement social, à cause de l'inflation et de la perte de pouvoir d'achat, grandisse. Ce mécontentement peut éventuellement prendre de la force. Pour l'instant, personne n'impulse activement une contestation».

Depuis son arrivée au pouvoir le 10 décembre, Mauricio Macri a mené une série de réformes visant à libéraliser l'économie argentine, après 12 ans de politique économique protectionniste de Nestor et Cristina Kirchner.

Pour Cristina Alvarez Rodriguez, petite nièce d'Eva Peron et cadre du Front pour la victoire (FPV, gauche) de Cristina Kirchner, apparaître dans des sociétés basées dans des paradis fiscaux «n'est ni normal, ni naturel».

Rendre des comptes

Différents experts avancent que le recours aux paradis fiscaux est une pratique courante en Argentine, pour les grandes entreprises.

«C'est important que dans un scandale d'envergure internationale, que le président s'explique. On ne demande pas sa démission, quand on est président, on doit rendre des comptes», plaide la députée.

L'affaire qui éclabousse Mauricio Macri, ancien président du club de football Boca Juniors de Buenos Aires et ancien maire de la capitale, intervient alors que la justice argentine multiple les procédures contre des cadres du kirchnérisme.

Kirchner convoquée mercredi

Un ancien ministre de Nestor Kirchner a été emprisonné, un autre est la cible d'une enquête. Deux hommes d'affaires proches des Kirchner sont dans le collimateur de la justice.

«Je crois en la justice», insiste Cristina Alvarez Rodriguez, «mais je vois que certains juges veulent stigmatiser un gouvernement, qu'ils veulent stigmatiser Cristina Kirchner».

Mercredi, Cristina Kirchner est convoquée par un juge dans le cadre d'une vente spéculative de devises de la Banque centrale dans les derniers mois de sa présidence. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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