Diplomatie: Le président chinois en visite en Suisse

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DiplomatieLe président chinois en visite en Suisse

Le Conseil fédéral recevra dimanche et lundi Xi Jinping à Berne pour une visite d'Etat importante pour les deux pays.

Le président chinois Xi Jinping.

Le président chinois Xi Jinping.

Keystone

Qualifiant cette visite de symbolique, Blaise Godet, président de la section romande de la Chambre de commerce Suisse-Chine et ancien ambassadeur, rappelle que la Suisse a été - entre autres étapes décisives dans l'établissement de relations politiques et économiques étroites - un des premiers pays occidentaux à avoir reconnu, en 1950, la République populaire de Chine.

L'accord de libre-échange signé en 2013 a lui aussi contribué au renforcement des relations entre les deux pays. Selon Daniel Küng, CEO de Switzerland Global Enterprise, «la place économique suisse et les produits helvétiques bénéficient encore et toujours d'une très bonne réputation en Chine (...) Cette réputation s'est encore améliorée depuis la conclusion de l'accord de libre-échange».

Le passage de Xi Jinping en Suisse est perçu comme un couronnement, un honneur faisant suite à l'invitation de Johann Schneider-Ammann lors de sa visite d'Etat en Chine en avril 2016.

La recette suisse

«Le crochet de Berne n'aurait peut-être pas eu lieu à cette date si le WEF (World Economic Forum) ne commençait pas le 17 janvier», commente une source proche des milieux diplomatiques. Le président chinois manifeste un intérêt tel pour la Suisse qu'il y passera plusieurs jours, à Berne, à Lausanne, à Genève, puis à Davos.

La neutralité politique, l'économie diversifiée et la fiabilité du partenariat font partie des atouts appréciés par la Chine. Auxquels s'ajoute sa curiosité pour la Suisse et sa recette de petit pays non membre de l'Union européenne (UE) et sans accès à la mer.

Plusieurs spécialistes des relations sino-helvétiques, dont Blaise Godet, observent que la Suisse tient en quelque sorte lieu de terrain d'exercice pour la Chine, permettant de tester des idées et d'entamer de nouvelles négociations avant d'aborder Bruxelles.

Un marché difficile

La visite revêt avant tout une importance politique. Au-delà, elle permettra également de promouvoir les échanges économiques.

Mais rien n'est acquis, selon M. Godet: «Exister sur le radar des autorités chinoises est devenu plus difficile, et pour y parvenir nous devons continuer à discuter de nouvelles idées et contributions». «Le marché chinois est difficile, son cadre juridique est plus flou que ce à quoi nous sommes habitués».

«Il faut faire preuve de bon sens, éviter les pièges et s'entourer de bons partenaires locaux», conseille-t-il. «Ce marché peut réserver de belles surprises aux entreprises qui savent où elles vont».

Daniel Küng estime lui que «la Chine peut intéresser n'importe quel exportateur suisse». «Nous observons par ailleurs depuis quelques années une nette progression de l'intérêt des entreprises chinoises pour la place suisse», ajoute le CEO de S-Ge.

Manque de reconnaissance

La Chine est le premier partenaire commercial de la Suisse en Asie. Certains observateurs regrettent cependant que les médias, ainsi que les autorités, n'en considèrent généralement pas davantage les aspects autres qu'économiques.

Gérald Béroud, président de la Section romande de la Société Suisse-Chine et créateur du site d'informations SinOptic, considère que la visite de Xi Jinping est très importante, car elle montre l'importance de la relation entre les deux pays.

«Pour certaines organisations, cette visite est l'occasion d'en découdre, de régler son compte à Xi Jinping plutôt que d'en profiter pour comprendre la dynamique de la Chine et de l'Asie», regrette-t-il.

«La culture du rapprochement à laquelle de nombreuses associations, collectivités publiques et personnalités contribuent, que ce soit en matière de santé, d'environnement, de formation ou d'échanges dans nombre d'autres domaines n'est pas suffisamment reconnue», observe M. Béroud.

«De droits de l'Homme, il en sera également question à Berne, je présume», glisse encore Blaise Godet. «Même si, dans une optique chinoise, ce thème ne revêt pas la même importance. Il est d'ailleurs préférable, avec la Chine, de parler d'Etat de droit, ou de bonne gouvernance», souligne l'ancien ambassadeur en Chine. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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