Le président Chirac prépare sa sortie
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Le président Chirac prépare sa sortie

Paris - Le président français Jacques Chirac a préparé dans un entretien télévisé diffusé dimanche l'annonce de son retrait de la vie politique en évoquant l'après-pouvoir.

Il revient également dans un livre-entretien sur sa carrière.

Les deux favoris des sondages pour la présidentielle d'avril/mai, la socialiste Ségolène Royal et le candidat de droite Nicolas Sarkozy ont lancé dimanche le sprint final de la campagne, M. Chirac, s'apprête de toute évidence, à dire qu'il ne briguera pas un troisième mandat, après douze ans à la tête de l'Etat.

M. Chirac, 74 ans, s'est exprimé lors d'un entretien durant l'émission de divertissement à grande écoute «Vivement dimanche», dont son épouse, Bernadette était l'invitée.

«J'ai toujours essayé d'agir pour les Français. Si je n'ai plus de responsabilités de cette nature et bien, j'essaierai de servir la France d'une autre manière», a dit notamment M. Chirac.

Bilan public et privé

«Il y a sans aucun doute une vie après la politique. Jusqu'à la mort», a ajouté M. Chirac dans cette interview.

Pour l'ensemble de la classe politique comme pour ses proches, la décision ne fait désormais guère de doute. Après quarante années de vie politique, confronté à des sondages défavorables et à l'émergence de Nicolas Sarkozy, M. Chirac s'apprête à tourner la page. Son annonce pourrait intervenir d'ici la fin du mois.

Un sentiment encore conforté par une déclaration de Bernadette Chirac. Elle a assuré que le palais de l'Elysée, siège de la présidence, lui «manquera beaucoup». «Mais je m'adapterai. Il faut bien accepter ce que le destin décide», a-t-elle ajouté.

Opportunément, un livre-entretien titré «L'inconnu de l'Elysée», à paraître cette semaine, dont des extraits ont été publiés par l'hebdomadaire Marianne, permet à M. Chirac de faire pour la première fois une sorte de bilan -lui qui ne les aime guère - de ses combats, publics et privés.

Culture

«Je me fous éperdument que Sarkozy ou tel autre...», dit-il sans finir sa phrase. «Je me fous de beaucoup de choses...», raconte notamment M. Chirac.

Au passage, il y explique pourquoi il n'a rien fait pour démentir la rumeur selon laquelle il serait totalement étranger à la culture.

«Je me disais : au moins on me fout la paix, j'ai mon domaine personnel et ce n'est pas la peine que les journalistes, pour des raisons politiques, viennent mettre leurs grands pieds dans mon jardin privé», explique-t-il.

Il se livre également sur son action durant la guerre d'Algérie, sur son soutien à l'ANC de Nelson Mandela, sur son «problème culturel avec les Américains» - son opposition à la guerre en Irak aura été une de ses actions marquantes - ou encore sur «le drame de sa vie», celui de sa fille Laurence, anorexique.

Critique de la colonisation

Il assure aussi qu'il n'a «pas détesté les femmes». «Mais je n'en ai jamais abusé», confie-t-il, estimant exagérés les mots de sa femme Bernadette selon qui, avec lui, «les femmes, ça galopait».

Il critique aussi violemment la colonisation et le pillage de l'Afrique et des Africains.

«On leur a tout piqué et on a répété qu'ils n'étaient bons à rien. Maintenant, c'est la dernière étape: on leur pique leurs intelligences en leur distribuant des bourses, et on persiste à dire de ceux qui restent : 'ces Nègres ne sont décidément bon à rien'», déclare-t-il.

(ats)

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