Pakistan: Le président de la Cour suprême retrouve ses fonctions
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PakistanLe président de la Cour suprême retrouve ses fonctions

Le président de la Cour suprême du Pakistan, le juge Ifitkhar Chaudhry, a retrouvé ses fonctions dimanche.

Le gouvernement avait annoncé sa réintégration en réponse à un vaste mouvement de protestation du monde judiciaire et des partis d'opposition.

Le juge Chaudhry «occupe cette charge depuis minuit», a annoncé dimanche la Cour suprême dans un communiqué. Il avait été destitué le 9 mars 2007 pour avoir déplu au régime militaire de Pervez Musharraf.

Aux accents de l'hymne national, le drapeau vert et blanc du Pakistan a été hissé devant la villa du juge à Islamabad, a constaté un journaliste de l'AFP. Des centaines de personnes applaudissaient, avocats, représentants de la société civile, défenseurs des droits de l'Homme et militants politiques.

Benazir Bhutto, assassinée le 27 décembre 2007 à quelques semaines du scrutin et épouse de l'actuel président Asif Ali Zardari, avait promis que «le drapeau national serait hissé sur la maison du juge Chaudhry». Homme discret et réputé indépendant, le juge Chaudhry, âgé de 61 ans, n'est pas apparu lors de la cérémonie.

«Cette cérémonie marque la fin de la lutte des avocats et du peuple du Pakistan», a lancé à la foule le leader du mouvement, l'avocat Aitzaz Ahsan. Il a expliqué que le magistrat devrait désormais travailler à l'abri de toute pression.

Enquête sur des personnes disparues

Le retour du magistrat à la tête de la plus haute instance judiciaire du Pakistan était réclamé depuis son limogeage il y a deux ans, par les avocats et par les partis d'opposition qui en avaient fait le symbole d'une justice indépendante.

Le juge Chaudhry avait été limogé après avoir pris plusieurs décisions qui avaient déplu au régime militaire, notamment celle d'ordonner une enquête sur des dizaines de personnes disparues et supposées être aux mains des services de sécurité.

Pervez Musharraf, arrivé au pouvoir lors d'un coup d'Etat en 1999, craignait également une décision de justice susceptible de le déclarer inéligible.

Sa réintégration était l'une des promesses électorales du Parti du Peuple Pakistanais (PPP), alors dirigé par l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, vainqueur des élections législatives de février 2008 qui ont marqué le retour au pouvoir d'un gouvernement civil.

(ats)

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