Peter Brabeck quitte La Tour-de-Peilz: Le président de Nestlé séduit par la fiscalité valaisanne
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Peter Brabeck quitte La Tour-de-PeilzLe président de Nestlé séduit par la fiscalité valaisanne

Peter Brabeck a quitté La Tour-de-Peilz (VD) pour déposer ses papiers à Verbier (VS) où il possède un chalet.

Le président du conseil d'administration de Nestlé bénéficiera d'impôts moins élevés. Les socialistes vaudois dénoncent un comportement «très peu civique».

Grosse perte

Le changement de résidence principale date de fin novembre 2007, a expliqué mercredi Frédéric Grognuz, municipal des finances à La Tour-de-Peilz, en confirmant des informations du quotidien «24 heures». Peter Brabeck était un des gros contribuables de la commune et son départ représente une forte perte même si ce n'est «pas la fin du monde».

Frédéric Grognuz indique que la fiduciaire de Peter Brabeck a cherché un arrangement fiscal avec la commune et le canton de Vaud mais que cela s'est révélé impossible. Un tiers des impôts revenait à La Tour et à Vevey, siège de Nestlé, et deux tiers au canton.

Des millions de francs

En 2007, Peter Brabeck a gagné plus de 17,4 millions de francs, contre 14 millions en 2006, à en croire le rapport d'activités de la multinationale. Selon le quotidien, Peter Brabeck a conservé une résidence secondaire à La Tour-de-Peilz.

Peter Brabeck a décidé de s'établir en Valais au moment où il a dû abandonner sa double casquette de directeur général et de président du conseil d'administration de Nestlé. Il n'y a pas d'impôt sur les successions directes et les donations en Valais et lorsqu'on est taxé surtout sur la fortune, c'est avantageux, relève Frédéric Grognuz.

«Très peu civique»

Interrogée par l'ATS, la présidente du Parti socialiste vaudois n'a pas caché sa colère. Le comportement de Peter Brabeck est «très peu civique. On pouvait attendre plus d'un haut dirigeant de la principale multinationale établie dans le canton», a déclaré Cesla Amarelle.

Face à de telles attitudes, l'harmonisation fiscale devient «une urgence politique», a-t-elle affirmé en allusion à la concurrence féroce entre cantons pour attirer les bons contribuables. Il faut de «la transparence», y compris sur la question des forfaits fiscaux qui sont aujourd'hui «marchandés» au plus haut niveau, relève encore Cesla Amarelle.

Précédent célèbre

En novembre 2007, le milliardaire Ernesto Bertarelli et sa famille ont quitté la région de Nyon (VD) pour s'installer à Gstaad (BE) et bénéficier ainsi de sa fiscalité avantageuse. Ils venaient de vendre à Merck leur entreprise de biotechnologie Serono. (ats)

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