Actualisé 22.04.2008 à 08:02

Le président de Samsung annonce sa démission

Le président du groupe sud-coréen Samsung, Lee Kun-Hee, a été inculpé il y a cinq jours pour abus de confiance et évasion fiscale après une enquête qui a levé le voile sur les pratiques opaques de ces empires familiaux omnipotents.

«Aujourd'hui (mardi), j'ai pris la décision de démissionner de la présidence du groupe Samsung», a déclaré M. Lee, 66 ans, lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision nationale. «J'exprime mes plus profondes excuses pour les importants soucis causés à la population du fait de cette enquête spéciale», a-t-il ajouté.

Le groupe a précisé dans un communiqué que M. Lee quittera l'ensemble de ses fonctions au sein de la société, une petite société d'import-export née en 1938 devenue le plus grand groupe sud-coréen. Quatre autres responsables, dont le vice-président Lee Hak-Soo, se démettront également, précise le communiqué.

Coup de balai

Au titre des réformes promises jeudi dans la foulée de l'inculpation de son président, Samsung a annoncé le démantèlement du très opaque bureau de planification, une cellule de 90 personnes soupçonnées d'avoir prêté la main à des montages financiers occultes.

L'enquête des procureurs spéciaux avait en effet relevé des «problèmes structurels», un «manque de transparence» des comptes et un contrôle des filiales à travers des structures «ayant des bases légales d'existence très minces.»

Lee Kun-Hee a été inculpé jeudi, soupçonné d'un transfert de pouvoir illégal à son fils et héritier, Lee Jae-Yong, également dirigeant au sein de Samsung. Laissé en liberté jusqu'à la tenue de son procès, il est aussi poursuivi pour une évasion fiscale présumée d'un montant de 112,8 milliards de wons (près de 115 millions de francs).

Toutefois, les magistrats ont affirmé n'avoir mis au jour aucune preuve de corruption et de fonds secrets, les accusations de loin les plus menaçantes.

Une commission d'enquête indépendante avait été constituée en janvier 2008 à la suite d'informations données par l'ancien responsable juridique du groupe selon lesquelles Samsung aurait créé un fonds secret de 197 millions de dollars pour obtenir des faveurs de membres du gouvernement et d'hommes politiques.

La mansuétudprévaute

L'enquête est perçue comme un test de la détermination des autorités à combattre des pratiques occultes présumées de la part des conglomérats dominés par une poignée de grandes familles. Mais la mansuétude semble prévaloir et les peines prononcées contre des dirigeants corrompus sont rarement purgées, au nom de l'intérêt économique national.

Pour preuve, le patron du premier constructeur automobile sud- coréen, Hyundai Motors, Chung Mong-koo, avait été condamné à trois ans de prison ferme en février 2007 pour détournement de fonds et abus de confiance. Mais sept mois plus tard, il voyait sa peine réduite en appel à un simple sursis, assorti de travaux d'intérêt général.

Le patron déchu de Samsung, qui encourt la perpétuité s'il est reconnu coupable à son procès, avait été lui-même reconnu coupable en 1995 de financements illicites lors de l'élection présidentielle de 1997. Mais Lee Kun-Hee avait été finalement blanchi de ces accusations dix ans plus tard. (ats)

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