Panama Papers: Le président du comité de Sion 2026 mis en cause
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Panama PapersLe président du comité de Sion 2026 mis en cause

Une enquête de «L'Illustré» à paraître révèle la présence de l'étude de Jean-Philippe Rochat dans les listes des Panama Papers. De la simple optimisation fiscale légale, rétorque celui-ci.

Photo d'illustration. Jean-Philippe Rochat à droite.

Photo d'illustration. Jean-Philippe Rochat à droite.

Keystone

Membre de la direction d'un cabinet d'avocats cité dans les Panama Papers en 2016, Jean-Philippe Rochat, président du comité de candidature Sion 2026 pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver, se défend de porter atteinte aux valeurs de l'olympisme. Le Vaudois a exposé ses arguments dans une prise de position.

C'est «L'Illustré», dans une enquête mise sous presse lundi et à paraître ce mercredi que l'ats a pu se procurer, qui révèle la présence de l'étude de Jean-Philippe Rochat, Carrard & Associés devenue aujourd'hui Kellehals Carrard, dans les listes des Panama Papers.

Jean-Philippe Rochat confirme dans sa prise de position: «La référence à l'ancienne étude Carrad & Associés dans le cadre d'une liste Panama Papers a effectivement été mise en ligne en avril 2016. (...) Dans le cadre de son activité, l'étude a occasionnellement et accessoirement effectué des prestations pour des clients non-exposés politiquement et dont certains besoins justifiaient le recours à des sociétés suisses ou étrangères.»

Le président de Sion 2026 insiste sur le fait que l'étude, en tant qu'affiliée «depuis plusieurs années à l'un des organes suisses d'autorégulation», a travaillé en conformité avec la Loi fédérale sur le blanchiment d'argent (LAB).

«Tous les contrôles périodiques réguliers auxquels l'étude a été soumise n'ont révélé aucune violation ou irrégularité», poursuit Jean-Philippe Rochat. Lequel ajoute, sur le site du «Nouvelliste» mardi après-midi, que «l'optimisation fiscale est légale».

Conflit d'intérêt?

L'affaire des Panama Papers est la fuite de plusieurs millions de documents provenant d'un cabinet d'avocats panaméen qui a permis à un consortium de médias internationaux de mettre en lumière les pratiques, notamment en matière d'optimisation fiscale via des sociétés offshore, de diverses entreprises ou personnes à travers le monde. Une vaste enquête qui a cité bon nombre de personnalités publiques de presque tous les milieux, de la politique au sport en passant par l'économie ou la culture.

«L'Illustré» évoque également la possibilité d'un conflit d'intérêt puisque François Carrard, qui a donné son nom au cabinet, a été directeur général du Comité international olympique pendant treize ans. Un cabinet qui, selon l'hebdomadaire, serait toujours un mandataire important du CIO.

Jean-Philippe Rochat, soumis au secret professionnel, n'est autorisé à faire «aucune déclaration concernant les mandats existants ou inexistants», répond-il dans sa prise de position.

Pas de double mandat

«Dans le cadre du projet Sion 2026, Sion est actuellement une ville intéressée parmi d'autres par l'organisation des Jeux olympiques et Paralympiques 2026. La procédure de candidature auprès du CIO débutera en octobre 2018. Le cas échéant, j'envisagerai alors ma mise en congé de l'étude pour pouvoir me consacrer à ce mandat pendant la phase de candidature», continue-t-il avant de conclure. «Il ressort de ce qui précède que la pratique professionnelle de notre étude est tout à fait compatible avec le projet Sion 2026 et les valeurs de l'olympisme.»

Si les faits déterrés par «L'Illustré» ne sont pas nouveaux, leur rappel est une nouvelle tache sur l'image de Sion 2026, qui a déjà perdu son initiateur Christian Constantin - contraint de se retirer après avoir agressé Rolf Fringer et interdit de stade en octobre pour une durée de quatorze mois - et qui fait face à une vive opposition politique depuis que la Confédération a accepté, le 18 octobre dernier, de soutenir la candidature à hauteur d'un milliard de francs.

Des votations populaires, aux issues très incertaines, auront lieu dans les cantons concernés par le projet. En Valais, le passage aux urnes a été programmé pour le 10 juin 2018. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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