Italie: Le président entendu dans un procès sur la mafia
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ItalieLe président entendu dans un procès sur la mafia

Le président de la République italienne Giorgio Napolitano sera entendu comme témoin dans un procès sur de présumées tractations secrètes entre l'Etat et la mafia, a décidé jeudi la Cour d'assises de Palerme, en Sicile.

M. Napolitano avait assuré en octobre 2013 être prêt à témoigner.

M. Napolitano avait assuré en octobre 2013 être prêt à témoigner.

«Je prends acte de la décision de la Cour d'assises de ce jour. Je n'ai aucune difficulté à témoigner le plus rapidement possible», a indiqué M. Napolitano, dans un bref communiqué de la présidence. L'audience se déroulera au Quirinal, le siège de la présidence et à huis-clos, selon les médias. La date de l'audience n'a pas encore été décidée.

M. Napolitano, une personnalité très respectée en Italie, avait assuré en octobre 2013 dans une lettre au tribunal n'avoir rien à dire sur l'affaire mais être prêt à témoigner.

Le procès, ouvert en mai 2013 à Palerme, concerne des tractations secrètes présumées entre des responsables gouvernementaux et des dirigeants mafieux au début des années 1990 pour éviter la poursuite d'une vague d'attentats meurtriers.

Dix personnes, dont le ministre de l'Intérieur de l'époque Nicola Mancino ainsi que le chef mafieux emprisonné Toto Riina sont sur le banc des accusés. Le parquet avait demandé à entendre M. Napolitano comme témoin, entre autres.

Selon l'accusation, plusieurs hauts responsables du gouvernement italien ont entamé des négociations secrètes avec la mafia après l'assassinat du député Salvo Lima au printemps 1992. Les contacts se seraient intensifiés après les assassinats des juges anti-mafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino dans les mois suivants.

Relations troubles

Ce que les journaux ont surnommé «La Trattativa» (La Négociation) aurait débouché sur un accord pour obtenir la fin des attentats en échange d'un assouplissement des conditions de détention de plus de 300 mafieux incarcérés et de réductions de peines.

Pendant l'enquête, l'enregistrement de conversations téléphoniques entre M. Napolitano et M. Mancino a provoqué la colère de la présidence, qui arguait que le chef de l'Etat ne pouvait être mis sur écoute. La Cour constitutionnelle lui a donné raison et les enregistrements ont été détruits.

Ce procès est présenté par les médias comme l'occasion de faire enfin la lumière sur les relations troubles qu'ont pu entretenir certains pans des institutions avec la mafia sicilienne. (ats)

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