100 jours d'Obama: Le président invite les Américains à la patience
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100 jours d'ObamaLe président invite les Américains à la patience

Cent jours après son arrivée à la Maison blanche, Barack Obama s'est efforcé mercredi de rassurer les Américains au sujet de son action face à la crise et dans la restauration de l'image des Etats-Unis.

«Nous avons pris un bon départ, mais ce n'est qu'un début. Je suis ravi de nos progrès, mais je ne m'en satisfait pas», a déclaré le président des Etats-Unis, lors d'une conférence de presse organisée à la Maison blanche.

Fort d'une popularité au zénith, Obama a passé en revue les nombreux projets mis en chantier par son administration. A commencer par son plan de relance de l'économie.

Pas d'économie bâtie sur du sable

Depuis son investiture, le 20 janvier, Obama a fait adopter un plan de relance de l'économie d'un montant de 787 milliards de dollars. Puis il a lancé une refonte du système de santé publique.

Le président s'est félicité de l'adoption au Sénat, juste avant son intervention, d'un projet de budget 2010 de 3400 milliards de dollars. Il a toutefois souligné que beaucoup restait à faire.

«Si nous nettoyons les décombres de la récession, j'ai également dit que nous ne pourrions revenir à une économie bâtie sur du sable», a averti Obama.

Torture

Sa diplomatie, en rupture totale avec celle de son prédécesseur, a aussi été longuement évoquée.

«J'ai mené campagne en promettant de changer l'orientation de notre politique étrangère et nous avons commencé à nous y atteler», a-t-il poursuivi. Barack Obama a énuméré la révision des stratégies à l'oeuvre en Irak en Afghanistan, la fermeture du centre de détention de Guantanamo et l'interdiction des méthodes d'interrogatoires autorisées par George Bush.

Prié de dire si celle du «waterboarding», consistant à simuler la noyade, était selon lui assimilable à un acte de torture, Obama a répondu par l'affirmative.

Préoccupé pour l'Irak

En Irak, dont il compte retirer les unités de combats américaines avant la fin 2011, les «attentats spectaculaires» commis ces derniers jours sont un «motif de préoccupation légitime», a estimé le président américain. Mais leur fréquence «reste faible comparée à l'année dernière», a-t-il poursuivi, exprimant sa confiance à l'égard du gouvernement de Nouri al Maliki.

Evoquant le Pakistan, il a jugé son arsenal nucléaire en sécurité, mais s'est dit «gravement préoccupé» par la faiblesse du pouvoir central et la progression des talibans.

Revenant sur la crise, le président s'est dit optimiste quant à l'avenir du constructeur automobile Chrysler. Il n'a toutefois pas écarté l'hypothèse d'un dépôt de bilan en vue d'une restructuration et a jugé prometteuses les concessions des syndicats et des banques dans la perspective d'une alliance avec l'Italien Fiat.

Depuis Roosevelt

La tradition de fêter les 100 premiers jours d'une présidence a été établie en 1933 par Franklin Delano Roosevelt, qui avait saisi l'occasion pour mettre en avant ses succès législatifs: en cent jours, il avait fait adopter quinze lois majeures par le Congrès. Depuis lors, aucun de ses successeurs à la Maison blanche n'a égalé ce bilan législatif. Mais le cap des cent jours est resté. (ats)

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