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Asie centraleLe président kirghize prêt à démissionner

Alors que le Kirghizistan semble proche de sombrer dans le chaos, le président Sooronbaï Jeenbekov, sous pression, s’est dit vendredi prêt à présenter sa démission.

Le président Sooronbaï Jeenbekov en compagnie du président russe Vladimir Poutine, le 28 septembre 2020, à Sotchi.

Le président Sooronbaï Jeenbekov en compagnie du président russe Vladimir Poutine, le 28 septembre 2020, à Sotchi.

AFP

Le président kirghize se dit «prêt à démissionner» pour tenter de mettre fin à la crise politique qui secoue depuis près d’une semaine le Kirghizstan. Son départ pourrait intervenir une fois une date fixée pour de nouvelles élections législatives et des changements effectués au gouvernement.

«Je suis prêt à quitter le poste de président de la République kirghize lorsque des autorités exécutives légitimes auront été approuvées et que nous serons de retour sur la voie de la légalité», a déclaré Sooronbaï Jeenbekov dans un communiqué rendu public tôt vendredi.

Sooronbaï Jeenbekov, qui n’est pas apparu en public depuis lundi, assurait jusqu’ici via ses services que sa démission n’était «pas à l’ordre du jour». Il avait indiqué mener des négociations avec différents groupes politiques. Il était toutefois sous pression de ses adversaires politiques, la Russie et les forces de sécurité kirghizes, pesant en parallèle sur la classe politique pour qu’elle trouve une issue à la crise.

Elections annulées

De violentes manifestations post-législatives ont secoué le pays cette semaine. Le mouvement de contestation dénonce des fraudes lors des élections de dimanche, remportées par deux partis proches du chef de l’Etat.

Cette crise fait craindre une flambée de violence dans cet Etat considéré comme une exception démocratique dans une région où les régimes autoritaires sont la règle. Les tensions n’ont pas été apaisées par une décision des autorités d’invalider les résultats des législatives. Les affrontements dans la capitale Bichkek ont déjà fait au moins un mort et des centaines de blessés.

Cette ancienne république soviétique, la plus pluraliste mais aussi la plus instable d’Asie centrale, a déjà connu deux révolutions et vu trois de ses présidents emprisonnés ou exilés depuis son indépendance.

L’actuelle contestation post-électorale est nourrie par la confrontation farouche entre le président Jeenbekov et son prédécesseur et ancien mentor politique Almazbek Atambaïev, tout juste libéré de prison par ses partisans. Sooronbaï Jeenbekov semblait cette semaine dans une impasse, même si un vote du parlement mercredi n’a pas atteint la majorité nécessaire à sa destitution.

(ATS/NXP)

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