Actualisé 04.08.2009 à 18:39

NigeriaLe président ordonne une enquête sur les violences

Le chef de l'Etat nigérian, Umaru Yar'Adua, a annoncé mardi qu'il avait ordonné une enquête sur les affrontements qui ont fait au moins 878 dans le nord la semaine passée.

Les gouverneurs des régions du nord ont eux annoncé la création d'un «conseil du prêche» chargé d'encadrer les nominations de chefs religieux.

«Hier (lundi), j'ai demandé au conseiller national chargé des questions de sécurité qu'une enquête soit menée (...) pour que nous ayons un rapport complet de ce qui s'est passé durant la crise», a déclaré le président.

Il a précisé que l'enquête porterait aussi sur les circonstances du décès de Mohamed Yusuf, dirigeant spirituel de la secte Boko Haram dont de nombreux membres ont affronté les forces de l'ordre dans le nord du Nigeria la semaine dernière.

Mohamed Yusuf a été tué peu après avoir été arrêté par l'armée. Une ONG locale a dénoncé une exécution sommaire et des organisations internationales de défense des droits de l'Homme avaient appelé les autorités nigérianes a ouvrir une enquête.

Appel de l'ONU

A Genève, la Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a elle aussi demandé mardi aux autorités nigérianes d'enquêter sur ces affrontements, d'empêcher de nouveaux «meurtres» dans le nord du pays et de punir les responsables des violences.

Mme Pillay a reconnu dans un communiqué que le gouvernement du Nigeria fait face à une crise majeure, avec des combats qui se déroulent au coeur même des capitales de plusieurs Etats du nord. Elle a toutefois «souligné que tous les efforts devaient être faits afin d'éviter les meurtres, ainsi que les détentions et les arrestations arbitraires», ajoute le texte.

Dix-neuf gouverneurs des Etats septentrionaux, réunis à Kaduna, ont eux «décidé de constituer un conseil du prêche qui filtrera et validera les nominations des clergés musulman et chrétien», a dit lundi soir le gouverneur de l'Etat du Niger Babangida Aliyu.

«L'islam est synonyme de paix et nous ne laisserons pas un groupe mener des violences et des tueries en son nom», a-t-il ajouté, en condamnant la secte islamiste Boko Haram, se réclamant des talibans d'Afghanistan, qui affronte l'armée depuis une semaine.

780 tués évoqués à Maiduguri

«Notre réunion condamne toutes les activités de la secte religieuse Boko Haram qui a provoqué le chaos dans les Etats de Borno, Bauchi, Yobe, Katsina et Kano», a déclaré M. Aliyu. Jusqu'à présent, des violences n'avaient été rapportées que dans quatre régions (Bauchi, Kano, Yobe et Borno).

Le nord du Nigeria s'est embrasé le 26 juillet lorsque des membres de la secte islamiste Boko Haram se sont heurtés aux forces de l'ordre en tentant de prendre d'assaut un poste de police dans l'Etat de Bauchi. Les heurts se sont rapidement étendus à d'autres régions du nord du pays, faisant au total au moins 878 tués, selon la Croix-Rouge.

La ville de Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno et berceau de ces fondamentalistes, a notamment été le théâtre de sanglants affrontements. La Croix-Rouge nigériane a indiqué lundi avoir ramassé un total de 780 cadavres dans les rues de Maiduguri.

Des membres de la secte s'apprêtaient à commettre un attentat à la bombe pendant le ramadan, a par ailleurs annoncé le gouverneur adjoint de l'Etat de Borno, dont la capitale, Maiduguri, abritait le QG de la secte.

(ats)

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