Côte d'Ivoire: Le président Ouattara investi candidat par son parti
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Côte d'IvoireLe président Ouattara investi candidat par son parti

Le président sortant Alassane Ouattara a été choisi par les siens pour briguer un nouveau mandat lors de la présidentielle d’octobre.

Alassane Ouattara brigue un troisième mandat.

Alassane Ouattara brigue un troisième mandat.

KEYSTONE

Investi samedi à Abidjan candidat de son parti à la présidentielle d’octobre, Alassane Ouattara briguera un troisième mandat jugé inconstitutionnel par ses opposants. Le président ivoirien a promis aux dizaines de milliers de ses partisans présents au stade d’Abidjan une victoire par «KO».

L’annonce le 6 août de sa candidature a provoqué des manifestations qui ont dégénéré en violences pendant trois jours, faisant au moins six morts et une centaine de blessés et 1500 déplacés.

Malgré l’interdiction des manifestations par les autorités, de nouvelles violences ont eu lieu vendredi et samedi dans le pays notamment à Bonoua (50 km d’Abidjan) fief de l’ex Première dame Simone Gbagbo. Des boutiques de commerçants «dioula» (originaires du Nord du pays), qui soutiennent traditionnellement Ouattara, ont notamment été prises pour cible par des jeunes de la région, selon des témoignages d’habitants.

En prenant la parole au stade Houphouët-Boigny, le président Ouattara a commencé par condamner ces «violences» affirmant: «Nous voulons la paix (…) Arrêtons de brûler (…), de mettre des troncs d’arbre sur la route. Faites des meetings! La violence ne passera pas», a-t-il lancé, quelques instants près avoir été officiellement investi candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

«Situation d’urgence»

Élu en 2010 puis réélu en 2015, le chef de l’État, 78 ans, avait initialement annoncé en mars son intention de ne pas se représenter et de passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d’un infarctus.

Comme la précédente, la Constitution, révisée en 2016, limite à deux les mandats présidentiels. Les partisans d’Alassane Ouattara affirment que la révision a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.

«Constitutionnellement, le président Ouattara ne peut pas avoir un troisième mandat. Il ne peut pas être candidat et il le sait», s’est insurgé Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du principal mouvement d’opposition, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).

Samedi, le président Ouattara a rappelé qu’il avait voulu passer la main. «Revenir sur ma décision n’a pas été facile (…). Je suis arrivé à la conclusion que je n’avais pas le droit de mettre mon projet personnel au-dessus de la situation d’urgence dans laquelle se trouve le pays», a-t-il estimé, citant la pandémie de coronavirus et le «terrorisme qui frappe à nos portes».

Adversaire aussi aidé

Alassane Ouattara est aussi revenu sur la question du «troisième mandat». «Il n’y a pas de rétroactivité, rien ne m’empêche d’être candidat». Et il a souligné que la nouvelle Constitution était également favorable à son principal adversaire: «Sans cette Constitution personne n’aurait pu être candidat», a-t-il ironisé.

Le nouveau texte a abrogé la limite d’âge de 75 ans, qui lui aurait interdit de se représenter… ainsi qu’à l’ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans, chef de file de l’opposition.

Le président Ouattara a insisté sur son bilan économique, assurant avoir «changé le visage de nos villes et villages».

«Nous allons gagner», a-t-il assuré, promettant «un coup KO» avec une victoire dès le premier tour, comme en 2015 – il avait alors recueilli 83,7% des suffrages. Alassane Ouattara a scandé à plusieurs reprises ce slogan et même brandi un panneau, pris dans la foule de ses partisans, sur lequel il était inscrit.

L’inconnue du scrutin

Quant à l’ancien président Laurent Gbagbo, c’est la grande inconnue du scrutin: acquitté en première instance par la Cour pénale internationale, où il était accusé de crimes contre l’humanité, il attend à Bruxelles un éventuel appel. Ses partisans espèrent une candidature.

(AFP/NXP)

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