Somalie - Le président «retire les pouvoirs» du Premier ministre
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SomalieLe président «retire les pouvoirs» du Premier ministre

Jeudi, le Premier ministre somalien a perdu ses prérogatives, alors que les tensions sont palpables entre le président et lui.

Mohamed Abdullahi Mohamed est le président de la Somalie.

Mohamed Abdullahi Mohamed est le président de la Somalie.

Reuters

Le président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed, a retiré jeudi «les pouvoirs exécutifs» du Premier ministre, Mohamed Hussein Roble, dans un nouvel épisode de tensions entre les deux hommes qui fragilisent ce pays déjà confronté à une impasse électorale et à une insurrection jihadiste.

«Le Premier ministre a violé la Constitution de transition de sorte que ses pouvoirs exécutifs lui sont retirés (…), notamment ses pouvoirs de destitution et/ou de nomination de dirigeants jusqu’à ce que les élections aient eu lieu», affirme un communiqué du bureau du président, plus connu sous le surnom de Farmajo.

Les deux hommes, qui nourrissent des relations tendues depuis plusieurs mois, se sont ouvertement opposés à deux reprises ces dix derniers jours au sujet de limogeages et de nominations à des postes cruciaux au sein de l’appareil sécuritaire.

«Entraver» l’enquête

Le 5 septembre, Mohamed Roble avait limogé le chef de l’Agence des services de renseignement et de sécurité (Nisa) Fahad Yasin, un intime de Farmajo, pour sa gestion de l’enquête sur la mystérieuse disparition d’une de ses agentes, Ikran Tahlil. Mais le chef de l’État avait annulé cette décision «illégale et inconstitutionnelle», puis nommé un remplaçant de son choix après avoir promu Fahad Yasin comme conseiller à la sécurité nationale.

Après avoir accusé le président d’«entraver» l’enquête sur la disparition de l’agente et jugé que ses décisions constituaient une «menace existentielle dangereuse» pour le pays, le Premier ministre avait annoncé la semaine dernière le remplacement du ministre de la Sécurité. Le président avait également jugé cette décision non conforme à la Constitution.

Des responsables politiques somaliens ont entrepris de désamorcer les tensions entre le président et le Premier ministre, jusqu’alors sans succès.

Le Premier ministre rejette la décision «illégale» du président

Le Premier ministre somalien a annoncé jeudi qu’il «n’accepte pas» la décision «illégale» et «sans fondement» du président de suspendre ses pouvoirs exécutifs, dans une nouvelle confrontation publique qui fragilise ce pays déjà secoué par une impasse électorale et une insurrection jihadiste.

Le président Mohamed Abdullahi Mohamed avait annoncé quelques heures plus tôt «geler les pouvoirs exécutifs» de Mohamed Hussein Roble, et «notamment ses pouvoirs de destitution ou de nomination», après que les deux hommes se sont opposés à deux reprises ces dix derniers jours sur des limogeages et nominations au sein de l’appareil sécuritaire.

Calendrier électoral

Président depuis 2017, Farmajo a vu son mandat expirer le 8 février sans avoir pu s’entendre avec les dirigeants régionaux sur l’organisation d’élections, déclenchant une grave crise constitutionnelle. L’annonce mi-avril de la prolongation de son mandat pour deux ans avait provoqué des affrontements à Mogadiscio, ravivant le souvenir des décennies de guerre civile qui ont ravagé le pays après 1991.

Mohamed Roble, nommé en septembre 2020, occupe le centre de la scène politique somalienne depuis que Farmajo l’a chargé en mai, d’organiser ces élections très sensibles. Mohamed Roble est parvenu à un accord sur un calendrier électoral, avec pour horizon une élection du président le 10 octobre.

Ce processus a déjà pris du retard. La désignation des membres de la Chambre basse, dernière étape avant l’élection du chef de l’État selon le complexe système électoral indirect somalien, doit désormais se tenir entre le 1er octobre et le 25 novembre.

(AFP)

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