Vladimir Poutine nie l’existence d’une guerre informatique
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Sommet Biden-Poutine Le président russe nie l’existence d’une guerre informatique

Vladimir Poutine a accordé une interview à la chaîne américaine NBC, deux jours avant sa rencontre, le 16 juin, avec Joe Biden à Genève.

Vladimir Poutine rencontrera Joe Biden mercredi 16 juin à Genève. Parmi les sujets attendus: cyberattaques, échange de prisonniers et le sort réservé à Alexeï Navalny.

Vladimir Poutine rencontrera Joe Biden mercredi 16 juin à Genève. Parmi les sujets attendus: cyberattaques, échange de prisonniers et le sort réservé à Alexeï Navalny.

AFP

Vladimir Poutine a jugé «grotesque» de considérer que Moscou mène une guerre informatique contre les États-Unis, dans une interview à la chaîne NBC diffusée lundi à l’avant-veille de sa rencontre à Genève avec son homologue américain Joe Biden. «Nous avons été accusés de toute sorte de choses», notamment «l’ingérence dans des élections» ou «les cyberattaques», a déclaré le président russe, affirmant que «pas une seule fois, ils n’ont pris la peine de produire la moindre preuve».

Plusieurs grandes entreprises, comme le géant de la viande JBS ou l’opérateur d’un immense oléoduc américain, Colonial Pipeline, ont récemment été victimes de cyberattaques au rançongiciel attribuées à des groupes de hackers basés en Russie. Début juin, Joe Biden avait déclaré qu’il n’écartait pas de possibles représailles contre la Russie après le piratage de JBS, et la Maison-Blanche avait affirmé qu’il évoquerait les inquiétudes américaines lors du sommet du 16 juin, le premier qui réunira les deux présidents.

Échange de prisonniers

Lors de cet entretien avec la chaîne américaine, le président russe s’est également exprimé sur un éventuel échange de prisonniers entre Russie et États-Unis, se montrant ouvert à une telle possibilité. «Oui, oui, oui bien sûr», a-t-il répondu à une question sur une possible libération simultanée d’Américains emprisonnés en Russie, Paul Whelan et Trevor Reed, et de Russes détenus aux États-Unis.

Ancien sous-officier du corps des Marines, Paul Whelan était agent des services de sécurité d’un groupe américain de pièces détachées pour l’automobile quand il a été arrêté à Moscou en décembre 2018, puis condamné en juin 2020 à 16 ans de prison sur des accusations d’espionnage. Il a récemment appelé Joe Biden à organiser un échange de prisonniers pour obtenir sa libération, disant être victime de la «diplomatie des otages» lors d’une interview à CNN. Trevor Reed a, lui, été condamné en juillet 2019 à 9 ans de prison pour avoir agressé, ivre, deux policiers russes. Les familles de deux Russes incarcérés aux États-Unis, le trafiquant d’armes Viktor Bout et un pilote russe accusé de trafic de cocaïne, Konstantin Iarochenko, ont elles aussi appelé à leur libération.

Navalny

Questionné sur le cas de l’opposant russe emprisonné Alexeï Navalny, dont la situation inquiète la communauté internationale, Poutine a répété qu’il ne serait «pas plus mal traité que n’importe qui d’autre». «Nous n’avons pas ce genre d’habitude, d’assassiner qui que ce soit», a répondu Poutine lorsque le journaliste lui a demandé s’il avait commandité une tentative de meurtre sur Alexeï Navalny.

Le président ukrainien regrette que Biden rencontre Poutine avant lui

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a regretté lundi que son homologue et allié américain Joe Biden rencontre Vladimir Poutine avant lui, lors du premier sommet entre les dirigeants américain et russe prévu mercredi à Genève. «Il aurait été préférable que la rencontre (avec Biden) ait lieu avant le sommet entre les deux présidents», a affirmé Volodymyr Zelensky dans une interview accordée à trois agences de presse internationales, dont l’AFP.

Début juin, le président Biden a invité son homologue ukrainien à la Maison-Blanche cet été, tout en réaffirmant «son engagement sans faille envers la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine». Le Pentagone a annoncé vendredi dernier qu’il a accordé une nouvelle tranche d’assistance militaire à Kiev de 150 millions de dollars.

Lundi, Volodymyr Zelensky a par ailleurs accusé le président russe de «retarder» une possible rencontre entre les dirigeants des deux pays, à couteaux tirés depuis l’annexion par Moscou en 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée et le début d’un conflit entre Kiev et des séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine.

Lundi, Volodymyr Zelensky a par ailleurs insisté sur la volonté de son pays d’adhérer à l’OTAN, malgré les réticences de l’Alliance qui craint qu’une telle adhésion n’attise les tensions avec Moscou. «Nous montrons chaque jour que nous sommes prêts à être dans l’Alliance, et ce davantage que la plupart des pays de l’Union européenne, car cela fait sept ans que nous sommes en guerre», a affirmé Volodymyr Zelensky. En avril, le président ukrainien avait déjà demandé à l’Alliance atlantique d’accélérer la procédure d’adhésion de son pays, selon lui le seul moyen de mettre un terme à la guerre dans l’est du pays qui a fait plus de 13’000 morts depuis 2014.

(AFP)

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