Actualisé 03.06.2011 à 19:51

Révolte au Yémen

Le président Saleh blessé par des tirs

Le président yéménite Saleh a été blessé vendredi par des tirs sur le palais présidentiel. D'autres représentants du gouvernement ont été touchés.

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh et plusieurs hauts responsables ont été blessés vendredi à Sanaa dans le bombardement de la mosquée du palais présidentiel, ont indiqué des responsables. Cette attaque a fait sept morts, dont l'imam et trois gardes.

«Je me porte bien, je suis en bonne santé», a affirmé le chef de l'Etat dans un bref message audio diffusé vendredi soir à la télévision officielle. Auparavant, le ministère de la Défense, avait démenti une information de la chaîne de télévision yéménite Souheil, contrôlée par la puissante tribu des Hached, selon laquelle M. Saleh était mort, assurant qu'il était sain et sauf.

Selon un responsable du parti présidentiel, le Congrès général populaire (CGP), M. Saleh a été «légèrement blessé à la tête» dans l'attaque.

Dans son message, le président yéménite a imputé le bombardement à la fédération tribale des Hached, qui affronte les forces présidentielles dans Sanaa. Selon ses dires, l'attaque a tué sept personnes, dont l'imam de la mosquée et trois gardes.

Des responsables ont également été blessés, certains grièvement. Parmi eux figurent le Premier ministre Ali Mohamed Moujawar, a précisé le responsable du CPG.

D'après ce dernier, un obus a touché la mosquée du Palais au moment où les dirigeants yéménites étaient rassemblés pour la prière hebdomadaire du vendredi. De premières informations avaient fait état de deux obus.

La tribu des Hached pilonnée

Peu après l'attaque, le porte-parole du Congrès populaire général (CPG), Tarek Chami, a d'emblée accusé le chef de la tribu des Hached, cheikh Sadek al-Ahmar d'être responsable des tirs. «Les al- Ahmar ont franchi toutes les lignes rouges» et «se retrouvent désormais dans une situation difficile», a-t-il déclaré.

Les représailles ne se sont du reste pas fait attendre, l'armée pilonnant peu après la résidence du frère du dignitaire tribal, cheikh Hamid al-Ahmar, dans le sud de la capitale Sanaa. La Garde républicaine, corps d'élite de l'armée, a également bombardé les maisons des deux autres frères de cheikh Sadek et celle du général dissident Ali Mohsen al-Abar, selon les témoins qui n'étaient pas en mesure de faire état de victime.

Cheikh Hamid al-Ahmar a rejeté les accusations du gouvernement, estimant que le président Saleh était l'instigateur du bombardement du Palais. «C'est une opération montée par le président» pour se présenter en victime alors qu'il était sous pression internationale pour céder le pouvoir, a-t-il assuré.

Des morts à Taëz

Par ailleurs, deux manifestants ont été tués et 30 blessés par des tirs des soldats à Täez, important foyer de la contestation situé à 200 km au sud de Sanaa, selon une source de sécurité qui a affirmé que certains manifestants étaient armés. Quatre militaires ont selon elle été tués par balle et 24 blessés.

A l'occasion de la journée de prières du vendredi, les opposants au président prévoyaient de grandes manifestations dans cette ville, tout comme dans la capitale. La police a en outre effectué des tirs de sommation pour dissuader des manifestants de se rassembler devant une mosquée. Plusieurs explosions ont été entendues par les habitants.

Les Nations unies enquêtent à Taëz pour vérifier des informations selon lesquelles au moins 50 personnes y auraient été tuées depuis dimanche.

Combats acharnés à Sanaa

Dans la capitale, l'armée a blessé sept personnes au moins vendredi en ouvrant le feu sur des manifestants. Les combats s'y poursuivaient entre soldats gouvernementaux et miliciens tribaux, ralliés à l'opposition, pour le contrôle des bâtiments publics. Les affrontements, d'abord concentrés dans le nord de Sanaa, s'étendent vers le sud de la ville.

Depuis deux semaines, des islamistes contrôlent par ailleurs une ville côtière, Zinjibar, d'où des milliers d'habitants se sont enfuis.

Les Etats-Unis, qui redoutent que le chaos yéménite renforce Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), ont réclamé vendredi un cessez-le-feu «immédiat» au Yémen et appelé à nouveau le président Saleh à partir.

Plus de 350 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte populaire contre le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans. Au moins 137 d'entre elles ont péri au cours des dix derniers jours dans les combats.

(ats/afp)

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