Actualisé 04.02.2009 à 14:40

52 morts au Sri Lanka

Le président veut anéantir les Tigres

Au moins 52 civils tamouls ont été tués dans le nord du Sri Lanka. Les combats y font rage entre l'armée et un dernier carré de rebelles des Tigres tamouls que le président sri-lankais a juré d'écraser dans les prochains jours.

Au terme de 37 années de conflit, les militaires sont lancés dans leur offensive finale dans le nord-est de l'île contre les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), retranchés sur une bande de terre de 200 km2.

Là bas survivent environ 200 000 habitants. Des centaines ont déjà été tués depuis le 1er janvier, selon l'ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Hôpital évacué

«Selon nos informations, 52 civils ont péri mardi soir dans un bombardement à Suranthapuram. Nous ne savons pas qui est responsable et combien d'attaques ont été menées», a affirmé le porte-parole des Nations unies à Colombo, Gordon Weiss.

Dans ce département de Mullaittivu, le dernier contrôlé par des Tigres encerclés par l'armée, l'unique hôpital a été évacué mercredi après avoir été pris sous le feu des combats pendant seize heures, a ajouté M. Weiss.

Victoire «totale» annoncée

Alors même que la communauté internationale réclame la fin des hostilités pour sauver ces civils pris au piège des combats, le président nationaliste, Mahinda Rajapakse, a promis une victoire militaire «totale» sur les séparatistes tamouls d'ici «quelques jours».

Il s'exprimait dans un discours à la Nation pour le 61e anniversaire de l'indépendance de cette ancienne colonie britannique.

Appel au cessez-le-feu

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont justement choisi cette fête nationale pour «appeler à un cessez-le-feu temporaire» entre l'armée et les Tigres, selon un communiqué des chefs de la diplomatie américaine et britannique, Hillary Clinton et David Miliband, après leur rencontre à Washington.

«Les deux parties doivent permettre aux civils et aux blessés de quitter la zone de conflit et ouvrir l'accès aux organisations humanitaires», ont-ils plaidé, relayant l'émotion exprimée depuis dix jours par de nombreux pays et organisations humanitaires face au sort de Tamouls coupés du monde et pris dans une guerre qui se déroule à huis clos.

Effondrement depuis 3 ans

La rébellion des Tigres tamouls, jugée indestructible depuis sa création en 1972, s'est effondrée sous les coups d'une guerre conventionnelle orchestrée depuis trois ans par le régime de Colombo.

L'un des mouvements insurrectionnels les plus redoutables et les mieux organisés au monde contrôlait encore en 2006 quelque 18 000 km2 de territoires dans le nord et dans l'est du Sri Lanka sur lesquels il espérait fonder un Etat tamoul indépendant.

(ats)

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