Corruption au Seco: Le prestataire reconnaît des erreurs
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Corruption au SecoLe prestataire reconnaît des erreurs

La société mère de Fritz et Macziol AG, l'entreprise qui a conclu des contrats douteux avec le Secrétariat d'Etat à l'économie aurait elle-même été abusée.

par
dmz

La firme impliquée dans l'affaire de corruption au sein du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) a admis des fautes.

Les résultats intermédiaires de son enquête interne révèlent des liens étroits entre les anciens dirigeants de sa filiale Fritz&Macziol Suisse (F&M) et certains collaborateurs du SECO.

La firme hollandaise Imtech, propriétaire de F&M Suisse, a ordonné début février une enquête interne au sein de sa filiale, au moment où cette dernière s'est retrouvée dans le viseur des autorités suisses. Imtech a investi deux millions de francs dans l'enquête, qu'elle a confiée à des avocats externes, des contrôleurs financiers et des experts, qui ont passé au peigne fin les messages électroniques et les transactions.

Les premiers résultats confirment les liens étroits existant entre d'anciens cadres de F&M et les employés du SECO. Il y a eu des «invitations exagérées, des contacts informels de même qu'une relation d'affaires discutable», relève le rapport rendu public mardi. Le document, que l'ats s'est procuré, fait même allusion à des «conflits d'intérêts».

Le CEO d'Imtech Gerard van de Aast admet également des erreurs personnelles: «je suis malheureusement parti du principe qu'un tel cas ne pouvait pas se produire en Suisse», a-t-il affirmé aux quotidiens «Tages-Anzeiger» et «Der Bund». Une série de déclarations que la porte-parole du groupe Imtech Dorien Wietsma a confirmées à l'ats.

«Pas malin»

Imtech avait également examiné l'année dernière une filiale allemande de F&M, car des graves cas de corruption et d'escroquerie étaient apparus au sein d'autres filiales. «Ce n'était pas malin d'avoir oublié la filiale suisse», a déclaré M. van de Aast. L'enquête au sein de F&M en Allemagne n'avait cependant pas révélé de pratiques illégales.

Imtech se réserve le droit de porter plainte contre ses anciens collaborateurs suisses.«La question reste ouverte», selon M. van de Aast. Les personnes impliquées, notamment deux anciens PDG et un ex-directeur de la filiale suisse, ont entre-temps quitté l'entreprise.

L'enquête interne n'est cependant pas encore terminée. F&M doit passer en revue toutes ses procédures internes avec ses 45 collaborateurs. Imtech rejette toute pratique commerciale non éthique et a déjà durci ses lignes directrices en matière de sponsoring ou de cadeaux, selon l'entreprise.

Coopération avec la Suisse

Dans son rapport, la firme réitère coopérer pleinement avec les autorités d'enquête suisses. Malgré l'arrestation de l'ex-directeur de F&M, la filiale n'est pas au centre de l'enquête, poursuit-elle.

L'affaire avait été révélée fin janvier. Un chef de service du SECO est soupçonné d'avoir attribué avec des complices des contrats à prix gonflés à l'entreprise Fritz&Macziol. En contrepartie, il aurait bénéficié de voyages, billets VIP et de matériel pour une valeur de plusieurs dizaines de milliers de francs.

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a placé en février deux personnes en détention provisoire, dont l'ex-collaborateur du SECO. L'une des personnes a entre-temps été relâchée, a déclaré mercredi la porte-parole du MPC, Jeannette Balmer.

L'enquête est également dirigée contre une troisième personne. Parallèlement, Urs Saxer, professeur zurichois de droit pénal, poursuit l'enquête administrative au sein du SECO. Le MPC et le SECO n'ont pas voulu prendre position mercredi sur les procédures en cours.

Centrale de compensation

Par ailleurs, dans l'affaire touchant la Centrale de compensation des assurances sociales (CdC) à Genève, Mme Balmer a indiqué qu'une enquête pénale a été ouverte suite à une dénonciation du Département fédéral des finances. Cette enquête ne concerne pas les problèmes relevés dans les acquisitions informatiques, a toutefois précisé la porte-parole, sans vouloir en dire plus.

Outre l'engagement d'entreprises informatiques sans passer de contrats, l'ancienne directrice de la CdC est soupçonnée d'avoir puisé dans la caisse à des fins privées. Dans des interviews publiées samedi, l'intéressée avait rejeté ces reproches, indiquant qu'elle avait démissionné pour des raisons personnelles, et pas suite aux accusations, ainsi que pour des divergences de vues avec ses supérieurs quant à l'orientation future de la CdC.

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