Cameroun: Le prêtre français libéré est «en bonne santé»
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CamerounLe prêtre français libéré est «en bonne santé»

Le religieux qui avait été enlevé à mi-novembre, dans le nord du Cameroun, a été libéré mardi. Il était souriant au moment d'arriver dans la capitale.

Le président français François Hollande a annoncé mardi la libération de Georges Vandenbeusch.

Le prêtre français, enlevé mi-novembre au Cameroun par des hommes se réclamant de Boko Haram, s'est dit «extrêmement reconnaissant» envers ceux qui ont oeuvré à sa délivrance.

Le prêtre est arrivé dans l'après-midi à la résidence de l'ambassadrice de France à Yaoundé, sous escorte de plusieurs véhicules de l'armée camerounaise.

Agé de 42 ans, le prêtre était souriant et semblait détendu. Il n'a pas fait de commentaire en public sur sa détention et les modalités de sa libération, annoncée mardi matin par François Hollande.

«Je suis en pleine forme, extrêmement reconnaissant à tous ceux qui ont travaillé pour cette libération, particulièrement le président Paul Biya», a déclaré le père Vandenbeusch à la radio d'Etat camérounaise lors de son arrivée à Yaoundé. «Je mesure bien la chance que j'ai».

Evoquant ses conditions de sa détention, il a décrit «sept semaines sans rien faire du tout, à tourner en rond, sous ma bâche sous un arbre, sans rien lire, parler à personne, pas de radio: c'est l'ennui terrible, de la tristesse et de la colère parce que je suis très attaché à la paroisse dans laquelle j'étais curé (Nguetchewe, à environ 700 km au nord-est de Yaoundé)».

Retour en France mercredi

Le président français a remercié, dans un communiqué, «tous ceux qui ont travaillé sans relâche à cette issue, notamment les autorités du Cameroun et du Nigeria» et «particulièrement le président (camerounais) Paul Biya pour son implication personnelle».

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'est rendu à Yaoundé pour y accueillir le prêtre, selon une source diplomatique. Le père Georges est attendu mercredi à 06h40 (heure en Suisse) sur la base aérienne de Villacoublay par ses proches et le président François Hollande, a-t-on appris auprès de l'Elysée

Le Vatican s'est réjoui de la libération du prêtre, estimant qu'elle «encourage à l'espérance». Il invite aussi à prier «pour les autres personnes retenues injustement en otage» dans le monde.

Intermédiaires camerounais

Le père Vandenbeusch avait été enlevé dans la nuit du 13 au 14 novembre par une quinzaine d'hommes armés dans l'extrême nord du Cameroun. D'après plusieurs témoignages, les ravisseurs avaient très rapidement conduit le père Georges au Nigeria voisin.

Une source proche des services de sécurité camérounais avait indiqué mi-décembre que des négociations étaient menées à travers des intermédiaires camerounais, proches des ravisseurs.

Alerté plusieurs fois

Le père Georges officiait dans le nord du Cameroun depuis 2011 dans le cadre d'un échange de prêtres entre diocèses. Les autorités françaises l'avaient alerté à plusieurs reprises sur la dangerosité de la zone et l'avaient exhorté à partir, mais le prêtre catholique avait décidé de rester.

Le groupe Boko Haram a été placé en novembre sur la liste des organisations terroristes établie par les Etats-Unis. Il revendique la création d'un Etat islamique dans tout le nord du Nigeria, majoritairement musulman.

Otages français

Six Français restent à ce jour retenus en otage au Mali et en Syrie, a rappelé mardi le président Hollande. Il a «réitéré son soutien à leurs familles, particulièrement en cette période de fêtes, et leur a redit sa détermination à oeuvrer à leur libération». (afp)

Pas de rançon

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé mardi soir qu'il y avait eu des «discussions» mais «pas de rançon» pour la libération du prêtre Georges Vandenbeusch, enlevé à la mi-novembre au Cameroun, et dont la libération a été annoncée dans la matinée par le président François Hollande.

«Les instructions du gouvernement (français) sont claires et nettes. Le gouvernement français ne verse pas de rançon. Il y a eu des discussions. Le président (camerounais Paul) Biya a été extrêmement utile et efficace dans ces discussions qui portent sur des aspects judiciaires surtout», a déclaré à la presse M. Fabius à la résidence de l'ambassadrice de France à Yaoundé. L'ex-otage français, dont l'enlèvement avait été revendiqué par le groupe armé islamiste nigérian Boko Haram, y a été conduit après sa libération.

«Je ne vais pas entrer dans les détails pour les raisons que chacun comprend. C'est un domaine dans lequel il faut être efficace et l'efficacité passe par la discrétion : discrétion avant, discrétion après», a ajouté le chef de la diplomatie française.

«Cette libération est le plus beau cadeau de fin d'année. En France, on est extrêmement heureux de sa libération (...) Ça n'a pas été facile. Ce n'est jamais facile. Mais nous allons pouvoir ramener le père Georges en France», a-t-il expliqué.

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