Actualisé 24.02.2019 à 14:36

Genève

Le printemps est précoce, les radis s'emballent

Genève se déshabille sous un soleil de plomb. Quelle impact ce réchauffement soudain, a-t-il sur nos cultures?

de
Lucie Fehlbaum
Les radis, les rampons et les salades poussent à toute vitesse.

Les radis, les rampons et les salades poussent à toute vitesse.

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Les vestes tombent, les bonnets sont relégués aux oubliettes et les glaciers dépoussièrent leurs arcades. Les températures de ces dix derniers jours ont poussé la Suisse tête la première dans le printemps. Avec deux mois d'avance.

Impossible d'ignorer les effets du climat sur les cultures. Si les nuits sont encore froides et permettent d'équilibrer les chaleurs de la journée, la luminosité impacte le développement de certains légumes. «Pour les plantes, c'est surtout la moyenne de température sur 24 heures qui compte, pas les deux ou trois heures très chaudes de la pleine journée, confirme Alexandre Cudet, président de l'Union Maraîchère de Genève. La luminosité est par contre très forte et inhabituelle.»

Des relevés réguliers effectués par les agriculteurs du Canton font état de 18% de lumière en plus que la moyenne de février de ces vingt dernières années. «Le choc est d'autant plus grand, pour les cultivateurs, car l'année passée nous étions à 15% de lumière en moins par rapport à la moyenne.»

Fiesta dans les serres

Et le printemps n'est pas le seul à se montrer précoce. Sous serres, les cultures s'enthousiasment. «Cela va très, très vite, prévient Alexandre Cudet. Les salades, les rampons et les radis poussent à toute vitesse.» Les premières tomates genevoises auraient aussi deux mois d'avance sur les étals, où on les retrouvera début mars. «Si cela continue, les plantations programmées, qui d'ordinaire s'enchaînent, pourraient arriver toutes en même temps.»

Le risque: une baisse des prix en magasin, pour pallier l'abondance de l'offre. L'Union Maraîchère incite alors à «consommer local, des produits frais et croquants qui avivent les papilles en ce printemps précoce». La Migros affirme accorder la priorité aux produits labellisés «De la Région» et «Genève Région – Terre Avenir». Un protocole existe même si un légume est récolté en avance. «Nous attendons les échantillons de certaines tomates de la région, informe Isabelle Vidon, responsable médias pour Migros Genève. Nous les dégusterons et, s'ils sont conformes à nos attentes, nous les vendrons en priorité.»

Travail acharné

Pour les maraîchers, les temps de grandes variations de températures entre le jour et la nuit riment avec une surveillance accrue des cultures. «La difficulté sous serre est de gérer le climat. Les plantes transpirent et cette humidité doit être évacuée pour éviter des maladies. Nos modes de productions actuels, proches du zéro pesticides, ne nous permettent pas de recourir à des produits chimiques pour parer à une éventuelle maladie.» Quelques heures d'une humidité trop forte pouvant amener à la catastrophe, «la lecture des cultures doit se faire tous les jours, dimanche et jours fériés compris».

Sécheresse "pas dramatique"

Qui dit chaleur, dit sécheresse. "Mais en février ce n'est pas dramatique, précise Alexandre Cudet. Les plantes en extérieur n'ont pas encore de feuillage donc pas d'évaporation. Pour les légumes en plein champs, c'est pareil que le reste de la végétation: les conditions sont bonnes pour mettre en place les cultures."

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