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Votations fédéralesLe prix de la vignette restera inchangé

Le rejet massif par le peuple de hausse de la vignette à 100 francs envoie un message clair aux Sages: l'argent payé par les usagers de la route doit aller aux infrastructures routières.

Quant au sort réservé aux projets d'amélioration, tous renvoient à la Confédération. Le peuple a clairement exprimé dimanche son avis: il ne veut pas ded'une augmentation d'impôt dissimulée», estime le comité référendaire. C'est une leçon pour le département fédéral des transports (DETEC), le Conseil fédéral et le Parlement.

Pour le conseiller national Walter Wobmann (UDC/SO), président du comité, il est clair que la reprise des 400 km de routes par la Confédération couplée à l'amélioration de certains tronçons comme à Morges (VD), au Locle et à La Chaux-de-Fonds (NE) doit se faire en dépit du «non» à la vignette.

Il s'agit maintenant de dresser l'inventaire des projets , de fixer des priorités et de régler le financement par un Fonds d'infrastructures routière. Pour couvrir les investissements, il faut à l'avenir que les fonds versés pour la route bénéficient davantage à la route.

L'initiative vache à lait a le vent en poupe

Dans cet esprit, le comité tout comme le TCS, l'ACS, l'Association suisse des transports routiers (ASTAG) et l'USAM soutiennent l'initiative «pour un financement équitable des transports», dite «vache à lait». En revanche, pas question de financer l'extension du réseau par une hausse du prix de l'essence, tel que l'a évoqué la conseillère fédérale Doris Leuthard.

La satisfaction était également de mise au TCS pour qui ce résultat montre que les citoyens demandent plus de transparence sur l'utilisation des fonds perçus au travers des impôts et des taxes. En revanche, il ne voit aucune menace sur le fonds d'infrastructure ferroviaire (FAIF) qui sera soumis au peuple en février. Le TCS soutient ce fonds. «Les moyens de transports sont complémentaires et on ne veut pas d'une guerre rail-route», a déclaré Moreno Volpi,porte-parole du plus grand club automobiliste de Suisse.

Menace sur le FAIF?

Une position que ne partage pas l'UDC qui a annoncé son intention de combattre ce fonds. Il ne veut pas que le trafic routier ne touche qu'un tiers des 9 milliards de francs qu'il génère, une réalité qui avec le FAIF sera inscrite dans la Constitution, écrit le parti. Logiquement, il soutient l'initiative «vache à lait» qui demande un rééquilibrage.

Les Verts affichaient également leur satisfaction, mais pour des raisons diamétralement opposées. Contrairement à la vignette forfaitaire, ils prônent le principe du pollueur-payeur pour financer le trafic. Il entend tarifer la mobilité (mobility pricing) sur la base des kilomètres parcourus et de l'énergie consommée.

Un tel système permettrait de canaliser intelligemment la mobilité en la réduisant au profit du climat, écrivent les Verts. L'ATE estime également que les Suisses n'ont pas voulu d'une extension du réseau routier sans concept. Une sensibilité écologique qui pourrait être fatale au second tube routier au Gothard, selon le PS.

Désolée pour les cantons

Dans le camp des perdants, la ministre des transports Doris Leuthard déplore le verdict du peuple: «Je suis vraiment désolée pour les cantons qui devront continuer à assumer les coûts de près de 400 kilomètres de routes et qui auront beaucoup de peine à réaliser ou faire avancer la planification de certains contournements», a-t-elle déclaré à la presse. Selon la cheffe du DETEC, la décision s'explique d'abord par l'ampleur de l'augmentation prévue. Les nombreuses discussions de fond sur le financement des routes et les réserves restantes ont aussi semé le doute.

Le comité interparti en faveur de la hausse de la vignette réunissant le PDC, PBD, PLR et le PEV regrette lui aussi le «non». Les conséquences immédiates sont claires: il faut renoncer aux projets de contournement promis. C'est finalement les adeptes du non développement qui l'ont emporté, écrit le comité bourgeois en pointant du doigt les écologistes.

Quant aux cantons, ils sont déçus. Interrogé sur le sort réservé aux 400 km de routes en jeu, Pascal Broulis, président de la Conférence des gouvernements cantonaux et conseiller d'Etatvaudois estime que c'est au DETEC de reprendre la main dans ce dossier». Pour lui, l'important est de mettre désormais toute l'énergie dans le FAIF. Il ne faut pas que la votation de dimanche crée des interférences. (20 minutes/ats)

Le peuple soutient le lobby des automobilistes

En refusant la vignette à 100 francs, les Suisses ont pour une fois soutenu le lobby des automobilistes. Depuis 50 ans, les propositions de financement du réseau sont souvent acceptées, même si les Romands y sont en général défavorables. Près de 53% des citoyens avaient dit oui en 1984 à l'introduction d'une vignette autoroutière pour une durée limitée. Parallèlement la hausse de la redevance poids avait aussi été acceptée par 59% des voix. La Suisse romande avait refusé les deux objets. Dix ans plus tard, les Suisses décidaient de maintenir la vignette (69%) comme la redevance forfaitaire sur le trafic des poids lourds pour les véhicules immatriculés à l'étranger (72%). Cette fois-là, les Romands avaient soutenu les deux propositions.

En février prochain, le financement et aménagement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF), qui permettra par exemple l'importante transformation de la gare de Lausanne, sera soumis au peuple. Il concerne également les automobilistes, car les déductions fiscales pour les trajets des pendulaires seront réduites. En 2015, la construction d'un deuxième tube du Gothard pourrait revenir devant le peuple. Les opposants au projet entendent lancer un référendum.

Autre moyen de financement

Déplorant sa défaite, la ministre des transports Doris Leuthard a invité dimanche les référendaires à s'engager pour financer le réseau routier à l'avenir. Le verdict est très clair, tous les cantons ont dit «non», a constaté la conseillère fédérale. «Je suis vraiment désolée pour les cantons qui devront continuer à assumer les coûts de près de 400 kilomètres de routes et qui auront beaucoup de peine à réaliser ou faire avancer la planification de certains contournements», a-t-elle déclaré à la presse.

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