Consommation d'essence: Le prix du pétrole laisse les Suisses stoïques
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Consommation d'essenceLe prix du pétrole laisse les Suisses stoïques

La flambée des prix de l'essence et du diesel à la colonne n'a pas incité les Suisses à la retenue, au contraire!

Les ventes totales de carburant ont en effet augmenté de 4% au cours des sept premiers mois de l'année.

La hausse continue du prix du pétrole survenue jusqu'à la mi- juillet, moment où les cours du brut sont repartis à la baisse, n'a rien changé, souligne l'Union pétrolière suisse (UP). Dans le détail, l'approvisionnement en diesel a nettement progressé (&14%), alors que la consommation d'essence ne diminuait guère (-0,8%).

«L'évolution du prix du pétrole n'a pas de véritable impact sur les habitudes de consommation des automobilistes», constate Rolf Hartl, directeur de l'UP, interrogé par l'ATS. «Autrement dit, les chiens aboient et la caravane passe.»

Avec un plus bas de 90,55 dollars mardi dernier, la baisse du prix du baril amorcée il y a près de deux mois ne devrait pas avoir davantage d'influence sur les volumes vendus à la pompe, selon Rolf Hartl. Car les prix affichés dans les stations-service ne sont en réalité qu'un vecteur déterminant parmi d'autres pour les habitudes des consommateurs.

Pouvoir d'achat plus déterminant

«Ce qui compte davantage, c'est la somme d'argent que vous avez dans la poche et la situation économique dans son ensemble», souligne Rolf Hartl. «Et en Suisse, le pouvoir d'achat reste favorable, contrairement à la France par exemple.»

L'Hexagone a d'ailleurs vécu une chute record de la consommation de carburants au premier semestre 2008. Elle s'est inscrite à-16,9% pour l'essence et -10,6% pour le diesel, soit un recul total de 12,3%, selon des chiffres publiés la semaine dernière.

Le président de l'Union française des industries pétrolières invoque le ralentissement économique ainsi que le renchérissement du prix du pétrole. En France, le second phénomène est durable, même si les cours du pétrole ont considérablement baissé par rapport à juillet, explique Jean-Louis Schilansky.

Le diesel comme indicateur

En Suisse au contraire, le sérénité n'est pas prête de céder à l'inquiétude. «La consommation d'essence va continuer à baisser faiblement et la hausse de celle du diesel se poursuivre autour des 10%», prévoit Rolf Hartl. Cette tendance est observée depuis plusieurs années déjà.

Et elle témoigne d'autant plus de la bonne santé de l'économie suisse que le diesel y joue un rôle important d'indicateur, selon le président de l'UP. «Transporteurs routiers, entreprises publiques et de la construction sont les grands consommateurs de diesel», rappelle-t-il.

Prix suisses attrayants

Mais derrière la forte hausse de la consommation de diesel en Suisse, avec l'accroissement du parc indigène utilisant ce produit, se cache aussi une part non négligeable d'automobilistes étrangers. Ces derniers passent de plus en plus souvent la frontière, attirés par les prix suisses plus favorables.

«Pour la première fois en plusieurs décennies, la Suisse est devenue, depuis un an et demi, le pays le meilleur marché en matière de diesel», explique Rolf Hartl. Cette situation est liée au renforcement de l'euro face au franc ainsi qu'à une fiscalité moins favorable au diesel dans les pays environnants. (ats)

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