Science – Le prix L’Oréal-Unesco récompense une pionnière du vaccin à ARN messager
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ScienceLe prix L’Oréal-Unesco récompense une pionnière du vaccin à ARN messager

La biochimiste Katalin Kariko fait partie des lauréates du 24e prix L’Oréal-Unesco pour ses travaux précurseurs sur les vaccins à ARN messager.

Katalin Kariko, pionnière du vaccin à ARN messager.

Katalin Kariko, pionnière du vaccin à ARN messager.

AFP

Le 24e prix L’Oréal-Unesco «Pour les femmes et la science» a été décerné jeudi à cinq chercheuses en sciences de la vie, parmi lesquelles la biochimiste Katalin Kariko pour ses travaux pionniers sur les vaccins à ARN messager contre le Covid-19.

Ce prix international doté de 100’000 euros par lauréate vise à accélérer les carrières de femmes scientifiques venues des cinq régions du monde, et à «lutter contre les obstacles qu’elles rencontrent», précisent la Fondation L’Oréal et l’Unesco dans un communiqué.

Mère de l’ARN messager

Pour l’Amérique du Nord, la professeure à l’Université de Pennsylvanie Katalin Kariko a été récompensée «pour sa contribution exceptionnelle au perfectionnement de la technologie dite de l’ARN messager», qui a permis de «franchir le pas décisif dans la mise en place des vaccins contre la Covid-19», comme ceux développés par Pfizer BioNtech et Moderna.

Cette chercheuse d’origine hongroise, âgée de 66 ans, est également vice-présidente senior du laboratoire allemand BioNTech, associé à la firme Pfizer.

Mardi, Katalin Kariko a également reçu la Grande Médaille 2021 de l’Académie française des sciences, attribuée tous les deux ans à un savant français ou étranger.

Du mal à convaincre

La biochimiste, souligne l’Académie des sciences, a eu du mal à convaincre de l’utilité de ses travaux centrés sur l’acide ribonucléique (ARN) messager, molécules qui donnent aux cellules un mode d’emploi leur permettant de fabriquer des protéines capables de neutraliser le virus.

Dans les années 1990, alors qu’elle travaillait aux États-Unis, ses demandes de financement ont été plusieurs fois rejetées, la communauté scientifique s’intéressant davantage aux recherches sur l’ADN et à la thérapie génique.

Mais, «convaincue du potentiel vaccinal de ses travaux», elle a persisté dans ses recherches, aux côtés de l’immunologiste Drew Weissman, ajoute l’institution française.

En Amérique latine et aux Caraïbes, la professeure Maria Guadalupe Guzman Tirado, de l’Institut de médecine tropicale de La Havane (Cuba), a reçu le prix L’Oréal-Unesco pour ses travaux pionniers pour soigner la dengue, ou «grippe tropicale».

En Asie et Pacifique, la Pr Hailan Hu, de l’Université du Zhejiang (Chine), a été distinguée pour ses recherches en neurosciences sur des médicaments «nouvelle génération» contre la dépression.

La Pr Agnès Binagwabo, de l’Université Global Health Equity de Kigali (Rwanda), est mise à l’honneur pour avoir permis un «meilleur accès aux services de lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose».

Enfin pour l’Europe, le prix est attribué à l’embryologiste Maria Angela Nieto Toledano (Institut des neurosciences de Saint-Jean d’Alicante en Espagne) pour avoir «ouvert la voie à de nouvelles approches thérapeutiques» contre le cancer.

(AFP)

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