Environnement – «Le problème, ce n’est pas le plastique, mais l’usage unique»
Publié

Environnement«Le problème, ce n’est pas le plastique, mais l’usage unique»

Les autorités genevoises, cantonales et de la Ville, veulent franchir un nouveau cap dans la lutte contre les produits à usage unique.

par
Maria Pineiro
En plastique ou pas, les contenants finissent à la poubelle et sont peu triés.

En plastique ou pas, les contenants finissent à la poubelle et sont peu triés.

20min/Simon Glauser

En janvier 2020, la Ville de Genève interdisait les contenants en plastique sur son domaine public soumis à autorisation, à savoir terrasses, marchés et manifestations. Deux ans après son entrée en vigueur, le bilan de ces mesures semble rester modeste pour diverses raisons et appelle de nouveaux pas en la matière.

«Les produits en plastique à usage unique ont été souvent remplacés par des produits en matière compostable», reconnaît Cédric Waelti, porte-parole du Département de la sécurité et des sports de la Ville de Genève. En revanche, il souligne que sur les marchés, les sachets en plastique ayant été supprimés, «la population a progressivement pris l’habitude de venir avec ses propres sacs réutilisables».

Tout à l’incinérateur

Selon le Département cantonal du territoire, «l’objectif initial n’est que partiellement atteint», car les matériaux qui ont remplacé le plastique «n’ont pas des écobilans franchement meilleurs», détaille Aline Bohlen, chargée de communication. Autre argument en défaveur de la simple interdiction du plastique: «les objets à usage unique continuent d’être utilisés». Par ailleurs, l’insuffisance d’infrastructures de tri induit que l’intégralité des déchets, y compris les recyclables et les compostables, finissent aux incinérables.

«Le problème majeur, c’est l’usage unique», tonne la conseillère nationale écologiste genevoise Delphine Klopfenstein. Pour l’élue, qui a oeuvré au parlement genevois à l’interdiction des sacs plastiques gratuits, il faut passer à la vitesse supérieure. A savoir, un changement de paradigme complet pour abandonner l’usage unique qui constitue «un gaspillage énergétique et une pollution importants».

Sur une base volontaire

L’élue estime qu’il faut désormais miser sur les consignes, notamment dans le domaine de la restauration à l’emporter. «Cela sera certes plus compliqué pour le consommateur, mais nous n’avons plus le choix», insiste Delphine Klopfenstein. En juin 2020, elle a déposé une motion au Parlement afin «d’interdire la vaisselle jetable à usage unique dans la restauration à emporter». Dans sa réponse, le Conseil fédéral a reconnu le caractère nuisible de ces produits, mais a estimé que le changement devait se faire sur une base volontaire et non imposée.

A Genève, les choses bougent pourtant. La Ville a crée un groupe de travail afin d’étudier la possibilité de mettre en place de vaisselle consignée lors des «manifestations, marchés et installations saisonnières». Pour sa part, le Canton indique que le projet de loi sur les déchets, actuellement étudié en commission, vise à rendre le tri obligatoire. Pour ce qui est des contenants consignés, le Département du territoire dit travailler sur une grande campagne de sensibilisation à l’emploi de contenants réutilisables.

Le Jura franchit le pas

La question de l’usage unique ne préoccupe évidemment pas que Genève. Le Jura a décidé de franchir le pas de la vaisselle réutilisable pour les manifestations. Dans d’autres cantons, relaie la RTS, des mesures sont également déjà à l’oeuvre. Ainsi, Berne a rendu obligatoire la vaisselle réutilisable en 2019, mais uniquement pour les manifestations de plus de 500 personnes. Dans le canton de Neuchâtel, c’est en 2023 que les manifestations sur le domaine public se verront interdire l’utilisation de plastique à usage unique.

Ton opinion

46 commentaires