France: Le procès d'un sulfureux homme d'affaires renvoyé

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FranceLe procès d'un sulfureux homme d'affaires renvoyé

Arnaud Mimran devait comparaître pour l'enlèvement et la séquestration en vue d'extorsion d'un richissime financier suisse en janvier 2015. Son procès a été renvoyé.

L'homme d'affaires Arnaud Mimran.

L'homme d'affaires Arnaud Mimran.

AFP

L'homme d'affaires Arnaud Mimran doit être jugé par le tribunal de Paris pour l'enlèvement et la séquestration d'un financier suisse en janvier 2015. L'audience a été renvoyée lundi pour des raisons de procédure.

La cour d'assises «ordonne le renvoi de la procédure à une session ultérieure», a annoncé son président en fin d'après-midi, faisant droit à la demande formulée par les avocats d'un des co-accusés d'Arnaud Mimran.

67 pièces de la procédure, pourtant annulées par la justice, figuraient toujours dans les copies numériques du dossier délivrées aux parties.

Arnaud Mimran, 47 ans, condamné à huit ans de prison dans une affaire de fraude à la TVA sur le marché des droits à polluer, devait comparaître pendant trois semaines aux côtés de cinq autres accusés, dont l'un de ses proches, l'ancien champion de boxe thaï Farid Khider, pour enlèvement, séquestration et extorsion en bande organisée.

Un septième homme, recherché, devait être jugé en son absence pour recel.

Le financier suisse, qui s'est constitué partie civile, avait été enlevé le 15 janvier 2015 près de Paris par quatre hommes encagoulés et conduit dans un appartement d'Aubervilliers, dans la banlieue parisienne.

Achat forcé

Là, ses geôliers lui ordonnent de réaliser pour quelques millions d'euros d'achats de titres d'une société de droit américain dont sont actionnaires Arnaud Mimran et son ex-compagne.

Le sulfureux homme d'affaires est lui-même conduit sur les lieux de la séquestration le lendemain de l'enlèvement, une trace bleue sur le visage. Un «grimage» selon les juges d'instruction, destiné à faire croire à un passage à tabac pour forcer le banquier à faire ses premiers achats d'actions.

Le financier suisse avait finalement été libéré après près de six jours de séquestration. Une libération anticipée liée selon l'accusation à deux événements extérieurs: le meurtre deux jours plus tôt du «chef» présumé des ravisseurs, suivi de l'arrestation d'Arnaud Mimran dans le cadre de l'enquête sur l'escroquerie à la TVA.

Il avait été interpellé dans ce dossier en juin 2015, et conteste les faits «depuis l'origine de l'enquête», a souligné son avocat Jean-Marc Fedida, selon lequel «il n'y a aucun mobile».

Pour l'accusation au contraire, Arnaud Mimran, endetté et aux abois financièrement, avait commandité cet enlèvement et cette séquestration pour se procurer rapidement du liquide. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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