Israël: Procès: Netanyahou accusé d’usage «illégitime» du pouvoir
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IsraëlProcès: Netanyahou accusé d’usage «illégitime» du pouvoir

Les sagas politique et judiciaire convergent lundi en Israël, avec la reprise du procès pour corruption du Premier ministre Benyamin Netanyahou et le début des consultations post-élections législatives en vue du prochain gouvernement.

Benyamin Netanyahou le 24 mars 2021.

Benyamin Netanyahou le 24 mars 2021.

AFP

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a usé de son pouvoir de façon «illégitime», a déclaré lundi la procureure à la reprise du procès pour corruption du chef de gouvernement, au moment même où débutent des consultations post-élections déterminantes pour son avenir politique.

Premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à faire face à des accusations criminelles en cours de mandat, Benyamin Netanyahou est accusé de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires, des charges qu’il nie fermement. Il «a usé de façon illégitime du grand pouvoir gouvernemental qui lui est conféré, entre autres pour demander et obtenir des avantages injustifiés de propriétaires de médias importants en Israël, pour faire avancer ses affaires personnelles, notamment quand il voulait se faire réélire», a affirmé la procureure principale Liat Ben-Ari.

Benyamin Netanyahou, 71 ans dont 15 au pouvoir, a quitté le tribunal de district de Jérusalem après les déclarations liminaires du parquet, avant l’audition des premiers témoins.

«Menteur»

«Menteur», «On veille sur la démocratie», peut-on lire aux abords du tribunal sur des pancartes de manifestants anti-Netanyahou, qui réclament depuis des mois sa démission en se réunissant devant sa résidence chaque samedi. Des dizaines de partisans du Premier ministre, le plus pérenne de l’histoire d’Israël, sont également rassemblés devant le tribunal.

Des dizaines d’opposants à Netanyahou étaient présents lundi aux abords du tribunal. 

Des dizaines d’opposants à Netanyahou étaient présents lundi aux abords du tribunal.

AFP

Tandis que la procureure principale Liat Ben-Ari développera son propos contre le Premier ministre, le président Reuven Rivlin entamera à quelques kilomètres du tribunal des discussions de deux jours avec des responsables de partis, déterminantes pour l’avenir politique de Benyamin Netanyahou.

Le Likoud, parti de droite du Premier ministre, est arrivé en tête des législatives du 23 mars – les quatrièmes en moins de deux ans — avec 30 sièges sur 120 à la Knesset. Mais ce résultat, combiné à celui de ses alliés naturels, ne lui assure pas la majorité de 61 sièges pour former un gouvernement stable. Et face à lui, de nombreuses formations sont décidées à mettre fin à ses douze années d’affilée de règne.

«Guérir et reconstruire»

Mais faute de leader commun dans ce camp, Netanyahou pourrait obtenir le plus de recommandations, avec le soutien de seize députés des partis ultraorthodoxes Shass et «Judaïsme unifié de la Torah» et six de l’alliance d’extrême droite «Sionisme religieux».

Habituellement, le candidat qui obtient le plus de recommandations est désigné et dispose de 28 jours pour former un gouvernement, délai qui peut être allongé de 14 jours par le président. Mais Reuven Rivlin a sous-entendu la semaine dernière que les calculs de sièges pourraient ne pas être le seul facteur déterminant sa décision et qu’il nommerait mercredi un candidat capable de former un gouvernement qui «guérira les divisions (…) et reconstruira la société». «Des coalitions hors du commun» pourraient être nécessaires pour sortir Israël de l’impasse, a ajouté le président.

Étant donné l’acrimonie ouverte qui a régné par le passé entre Netanyahou et Rivlin, le Likoud a interprété ces déclarations comme un signe de soutien tacite au camp anti-Bibi, surnom donné au Premier ministre. Membre du Likoud quand il était député, Reuven Rivlin a été accusé par le parti d’outrepasser ses fonctions, surtout honorifiques.

Des surprises

Dans le bloc opposé au Premier ministre, le centriste Yaïr Lapid mène la danse avec 17 sièges pour son parti Yesh Atid. Mais la formation d’une coalition anti-Netanyahou nécessiterait une alliance improbable entre Yaïr Lapid, Gideon Saar, ancien ministre conservateur de M. Netanyahou, Naftali Bennett, chef de file de la droite radicale et ancien allié du Premier ministre, et d’autres partis du centre et de gauche.

Surprise du scrutin, la formation d’un gouvernement apparaît impossible des deux côtés sans un ultime soutien: celui du parti islamiste Raam de Mansour Abbas qui a remporté quatre sièges et s’est dit ouvert aux discussions avec les deux camps. Mais le parti «Sionisme religieux» a déjà exclu de participer à un gouvernement aux côtés de Raam, compliquant la tâche du Premier ministre sortant. Si aucun des deux camps n’arrive à former une coalition, de nouvelles élections pourraient être convoquées, prolongeant la crise.

Dans l’immédiat, le procès de Netanyahou ne menace pas ses ambitions puisqu’il n’aurait à démissionner qu’en cas de condamnation définitive et l’épuisement de tous les recours pourrait prendre des années.

(AFP)

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