Actualisé 27.10.2009 à 20:26

Tribunal pénal internationLe procès de Karadzic ajourné à lundi

Le procès pour génocide de l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a repris mardi devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie. Les charges qui pèsent contre l'accusé, qui a boycotté l'audience, ont été présentées.

Le procès pour génocide de l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a repris mardi devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie. Les charges qui pèsent contre l'accusé, qui a boycotté l'audience, ont été présentées.

«La chambre est d'avis que l'audience peut se poursuivre en son absence», a déclaré le juge sud-coréen O-Gon Kwon, soulignant également que M. Karadzic a «volontairement et sans équivoque» choisi de ne pas être présent et «doit en accepter les conséquences».

Le président a donné la parole à l'accusation qui a entamé la présentation des charges de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre qui pèsent sur Radovan Karadzic pour son rôle dans la guerre de Bosnie qui a fait 100 000 tués et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.

«Ce procès est, votre honneur, celui de ce commandant suprême, un homme qui a exploité les forces du nationalisme, de la haine et de la peur pour mettre en oeuvre sa vision d'une Bosnie ethniquement divisée: Radovan Karadzic», a déclaré le procureur Alan Tieger.

Mise en garde lancée

Le magistrat américain a évoqué les camps de détention, comme celui de Prijedor (nord-ouest de la Bosnie) où les prisonniers étaient enfermés «comme des animaux» et la campagne de bombardements et de tirs orchestrée par l'armée des Serbes de Bosnie pendant le siège de Sarajevo, qui a fait 10 000 tués en 44 mois.

Radovan Karadzic, 64 ans, qui se défend seul mais est assisté en coulisse par une équipe de juristes, avait déjà boycotté l'ouverture lundi de son procès au motif que sa défense, qu'il assure lui-même, n'était «pas prête».

Après avoir réclamé en vain en septembre dix mois supplémentaires pour se préparer, il avait informé le 21 octobre les juges du TPI qu'il ne se présenterait pas à l'ouverture de son procès, prévu pour durer deux ans.

«Le droit d'un accusé de ne pas se présenter n'est pas absolu», a souligné mardi le juge Kwon. Si l'accusé «persiste dans son refus» et ne se présente pas à la prochaine audience, la Chambre «peut décider de poursuivre le procès en son absence», a-t-il aussi précisé.

Avertissement

«En outre, un avocat peut, dans l'intérêt de la justice, être imposé pour représenter les intérêts de l'accusé», a ajouté le juge, précisant que la chambre déciderait des mesures à prendre lundi «après avoir entendu les parties» à ce sujet. Le procès a été ajourné mardi soir à lundi par le juge.

Si un avocat était commis d'office, «celui-ci ne recevrait d'instructions ni du docteur Karadzic ni de son équipe de défense», avait indiqué lundi à l'AFP l'un de ses conseillers, Marco Sladojevic.

L'ex-chef politique des Serbes de Bosnie, qui plaide non coupable, encourt une peine de prison à vie pour avoir, selon l'accusation, voulu «chasser à jamais» des millions de Musulmans et de Croates des territoires de Bosnie convoités par les Serbes en orchestrant une campagne de «nettoyage ethnique».

Arrêté en juillet 2008

Au total, onze chefs d'accusation ont été décidés contre lui. Radovan Karadzic est accusé de deux génocides, dans les premiers mois de la guerre de Bosnie et pour le massacre de Srebrenica en juillet 1995, le plus sanglant commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il est également accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, à savoir des exterminations, meurtres, tortures, viols et expulsions commis dans 19 municipalités bosniaques. Il plaide non coupable.

Il avait été arrêté en juillet 2008 à Belgrade, 13 ans après son inculpation en 1995 par le TPI. (ats)

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