Actualisé 07.04.2020 à 18:27

Allemagne

Le procès de la Love Parade risque l'arrêt

En 2010, 21 personnes étaient mortes dans une Love Parade allemande. En raison du coronavirus, le procès pourrait se terminer prématurément.

Quelque 650 personnes avaient aussi été blessées durant la Love Parade de 2010.

Quelque 650 personnes avaient aussi été blessées durant la Love Parade de 2010.

Keystone

Un tribunal allemand a proposé mardi de mettre un terme au procès de la Love Parade meurtrière il y a près de dix ans, la pandémie empêchant de rendre un jugement dans les temps impartis.

Le tribunal de Duisbourg, où a eu lieu le drame, a estimé que les restrictions faites à la procédure en raison de la crise du nouveau coronavirus ne laissaient «qu'une très faible probabilité d'élucider les faits au point de pouvoir prononcer un jugement» avant le 27 juillet, date à laquelle les faits seront alors prescrits. «Il est actuellement impossible de savoir quand et comment les audiences pourront se poursuivre», a notamment indiqué le tribunal.

Le parquet et les trois accusés ont jusqu'au 20 avril pour se prononcer par écrit. S'ils approuvent, ce procès géant, débuté en 2017, sera bouclé sans jugement. Trois salariés de l'organisateur de la Love Parade sont soupçonnés d'homicide et blessures par négligence.

21 morts

«Les blessés et les proches des victimes sont extrêmement déçus», a déclaré Julius Reiter l'un des avocats de la partie civile. «C'est un nouveau jour noir» pour les victimes de la catastrophe, a-t-il ajouté.

Ving-et-une personnes, âgées de 17 à 38 ans, étaient mortes étouffées aux abords d'un tunnel, unique accès au terrain d'une ancienne gare qui hébergeait ce festival de techno. Quelque 650 personnes avaient également été blessées.

Le drame, survenu le 24 juillet 2010, a profondément marqué le pays.

Jusqu'à 5 ans de prison

Les prévenus, 10 au départ puis réduits à 3 en 2019, étaient défendus par une trentaine d'avocats au total et risquaient une peine allant jusqu'à cinq ans de prison ferme. La partie civile rassemblait une quarantaine de personnes, représentées par 29 avocats.

Le procès avait failli ne pas avoir lieu. En 2016, le tribunal de Duisbourg avait refusé sa tenue arguant que les charges pesant contre les prévenus étaient insuffisantes. Les juges s'étaient alors appuyés sur la faiblesse de l'expertise d'un spécialiste britannique, pièce maîtresse de l'accusation, qui pointait la responsabilité de dix personnes. Mais la Cour d'appel de Düsseldorf a invalidé cette décision et permis la tenue du procès. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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