Otages en Lybie: Le procès de Rachid Hamdani encore reporté
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Otages en LybieLe procès de Rachid Hamdani encore reporté

Le procès en appel d'un des deux Suisses retenus en Libye, Rachid Hamdani, a été reporté au 24 janvier, a indiqué le DFAE.

L'otage devait comparaître dimanche devant la justice libyenne après un premier report de l'audience en décembre.

«Le procès de M.Hamdani a été reporté. Une nouvelle audience a été fixée au 24 janvier», a annoncé dimanche après-midi à l'ATS le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Georg Farago, qui n'a pas souhaité faire plus de commentaires à ce sujet.

Selon Amnesty International, Rachid Hamdani ne s'est pas présenté à l'audience mais y était représenté par son avocat libyen, Salah Zahaf.

Peur d'être arrêtés

Les deux ressortissants suisses bloqués en Libye, Rachid Hamdani et Max Göldi, sont accusés d'infractions sur les visas et d'activités économiques illégales par les autorités de Tripoli. Pour les premières charges, ils ont été condamnés le 30 novembre à seize mois de prison ferme et à une amende de 2000 dinars libyens chacun (environ 1600 francs). Un jugement contre lequel ils ont immédiatement fait recours.

Leur procès en appel a, dans un premier temps, été agendé en décembre. Mais la décision des deux Suisses de ne pas se présenter aux audiences par peur d'être arrêtés a déjà conduit la justice libyenne à repousser la procédure au 10 janvier pour Rachid Hamdani et au 14 janvier pour Max Göldi.

L'autre procès, concernant le volet économique des accusations, a également été reporté à deux reprises pour les mêmes raisons. L'audience de Max Göldi est prévue le 16 janvier et celle de son compagnon d'infortune, le lendemain.

Pas équitable

Ces audiences ont été dénoncées à de nombreuses reprises comme «non équitables» par les organisations de défense des droits de l'homme. «A l'heure actuelle encore, l'avocat libyen des deux Suisses n'a pas eu accès à toutes les pièces du dossier et il s'est vu signifer certains éléments uniquement par oral», a rapporté à l'ATS la porte-parole de la section suisse d'Amnesty International, Manon Schick.

Selon elle, le procès en appel de Max Göldi, prévu jeudi, devrait également être repoussé puisque l'otage ne s'y présentera vraisemblablement pas, par manque de garanties. «Ces reports ne sont pour l'heure pas vraiment une mauvaise chose puisqu'ils permettent aux otages suisses de mieux préparer leur défense», a souligné Mme Schick.

Espoirs déçus

Max Göldi, directeur de l'antenne libyenne du groupe ABB, et Rachid Hamdani, un employé d'une entreprise de construction, sont retenus en Libye depuis le 19 juillet 2008 et ont trouvé refuge à l'ambassade de Suisse de Tripoli. Ils avaient été arrêtés quelques jours après l'interpellation du fils du colonel Kadhafi par la police genevoise.

Les deux hommes avaient, par la suite, été libérés sous caution avec l'interdiction de quitter le territoire. Ils sont ensuite passés par toutes sortes d'espoirs déçus. Le 25 août dernier, ils ont reçu leurs passeports et leurs visas de sortie mais n'ont finalement pas été autorisés à quitter le pays.

Pis encore, à la mi-septembre, ils ont été emmenés dans un lieu tenu secret au prétexte de subir un contrôle médical - une opération qualifiée de «kidnapping» par Berne. Ils n'ont été reconduits à l'ambassade que le 9 novembre, sans mention d'aucun motif.

(ats/ap)

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