Le procès des infirmières bulgares vire au compromis
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Le procès des infirmières bulgares vire au compromis

Tripoli - Les familles des enfants libyens contaminés par le virus du sida ont annoncé vendredi à Tripoli qu'un règlement de l'affaire des infirmières et du médecin bulgares se heurtait à la question des compensations financières.

Un compromis a été obtenu sur les autres éléments.

«Malgré les négociations difficiles, un compromis a été trouvé sur les différents point de l'accord (avec l'Union européenne), dont les soins et le traitement des enfants, mais il manque encore un seul point qui porte sur les compensations», ont affirmé les familles dans un communiqué.

Mercredi, un responsable de la Fondation Kadhafi avait annoncé la perspective d'un accord deux jours plus tard.

Le directeur de la Fondation qui conduit les négociations entre l'UE et les familles, Salah Abdessalem, a affirmé vendredi que l'acceptation par les familles du principe d'un règlement «montre que nous sommes au bout du tunnel».

Doute de Bruxelles

«En cas d'un compromis sur le dernier point (celui des compensations) l'accord sera considéré» par les familles «comme une renonciation à la peine de mort requise contre les infirmières» et le médecin bulgares, a expliqué de son côté le porte-parole des familles, Idriss Lagha.

«Cet accord serait présenté alors au Conseil supérieur des instances judiciaires qui pourrait décider de commuer (la peine capitale) en peine de prison ou autre», a-t-il dit à l'AFP, faisant allusion à une possible libération des praticiens.

Un responsable de la Fondation Kadhafi pour le développement avait affirmé mercredi qu'un règlement serait annoncé vendredi, devant mettre fin à un feuilleton politico-judiciaire qui dure depuis plus de huit ans. Mais la Commission européenne et la Bulgarie étaient restées sceptiques sur la réalité de cet accord.

A Bruxelles, la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner avait estimé qu'il n'y avait «pas encore» de signes d'accord. Le ministre bulgare des Affaires étrangères, Ivaïlo Kalfine, avait lui aussi émis des doutes sur l'imminence d'une solution.

«Fonds» évoqué par l'UE

Tripoli affirme qu'un règlement doit passer impérativement par un compromis avec les familles des enfants contaminés, qui exigent des indemnisations.

L'UE, pour qui les infirmières sont innocentes, a exprimé à maintes reprises son opposition au chantage et au versement de compensations aux familles, mais a accordé son appui à un «Fonds spécial d'aide» qui servirait entre autres au traitement gratuit des malades.

Les infirmières et le médecin palestino-bulgare ont été condamnés à mort en 2004, accusés d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi, en Libye, dont 56 sont décédés. Tous les six clament leur innocence.

(ats)

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