Actualisé 16.05.2013 à 19:11

AllemagneLe procès des néonazis à Munich reprendra en juin

Après quatre premiers jours d'audience consacrés à étudier une avalanche de requêtes de procédure, le procès de néonazis pour des meurtres racistes a été suspendu jusqu'à juin.

Le procès de Beate Zschäpe, 38 ans, accusée notamment d'avoir participé à dix meurtres entre 2000 et 2007, dont neuf à caractère raciste visant essentiellement des personnes turques ou d'origine turque, et de quatre hommes l'ayant aidé, reprendra le 4 juin, a expliqué le président du tribunal, Manfred Götzl.

Zschäpe formait avec Uwe Böhnhardt (34 ans) et Uwe Mundlos (38 ans), les meurtriers présumés qui se sont donné la mort le 4 novembre 2011, le trio néonazi Clandestinité national-socialiste (NSU).

Le procès de Zschäpe, qui a vécu environ 13 ans dans la clandestinité avec ses deux acolytes, avant de se rendre à la police, est l'un des plus grands procès de l'après-guerre en Allemagne.

Requêtes et demandes

Les quatre premiers jours d'audience ont été pratiquement monopolisés par une avalanche de requêtes des avocats de la défense et des parties civiles, cherchant notamment à repousser ou à retarder les débats, mais elles ont toutes été rejetées par le juge Götzl.

L'accusée a discuté jeudi avec ses avocats et des policiers, mais elle a gardé un silence absolu face aux juges, comme depuis son arrestation il y a un an et demi.

A la reprise des débats, le 4 juin, la cour procédera à l'interrogatoire des quatre coaccusés de Zschäpe, qui ont aidé d'une façon ou d'une autre la NSU. Deux d'entre eux sont des repentis et coopèrent avec la justice.

«Nous espérons que les accusés joueront très franchement cartes sur table», a déclaré Reinhard Schön, l'un des avocats des parties civiles, qui s'est dit «très impatient d'entendre leurs témoignages».

L'un des accusés, Ralf Wohlleben, devrait faire une déclaration écrite, a indiqué son avocat, tandis que le quatrième coaccusé, désigné seulement sous le nom d'André E., gardera le silence, comme Zschäpe.

Enquête bâclée

Cette affaire a été marquée par une cascade de scandales autour de l'enquête et a mis en lumière de graves dysfonctionnements au sein de la police et des services de renseignements intérieurs qui semblent avoir manifesté un aveuglement coupable. Une commission d'enquête parlementaire travaille actuellement sur cette affaire.

Avant l'ouverture du procès, la chancelière Angela Merkel, qui avait exprimé l'an dernier «la honte» de l'Allemagne devant ces crimes, a assuré dans le grand journal turc Hürriyet que toute la lumière serait faite sur ces meurtres. (afp)

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