Claude D.: Le procès en appel mené tambour battant
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Claude D.Le procès en appel mené tambour battant

Le procès en appel de Claude D. ce jeudi devrait être vite «expédié» avec un verdict dès vendredi. Une rapidité qui déplaît à la défense.

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Un dessin de Claude D. en mars 2016. Le Tribunal fédéral a confirmé l'internement ordinaire de  l'assassin de la jeune Marie. (Jeudi 21 février 2019)

Un dessin de Claude D. en mars 2016. Le Tribunal fédéral a confirmé l'internement ordinaire de l'assassin de la jeune Marie. (Jeudi 21 février 2019)

Keystone
Après l'annulation de son internement à vie par le Tribunal fédéral, Claude D. est condamné ce jeudi à un internement ordinaire par le Tribunal cantonal vaudois. Le risque de récidive est extrêmement élevé et il est inaccessible à des mesures thérapeutiques. (27 septembre 2018)

Après l'annulation de son internement à vie par le Tribunal fédéral, Claude D. est condamné ce jeudi à un internement ordinaire par le Tribunal cantonal vaudois. Le risque de récidive est extrêmement élevé et il est inaccessible à des mesures thérapeutiques. (27 septembre 2018)

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Claude D., assassin de la jeune Marie, s'est présenté une nouvelle fois devant le Tribunal cantonal vaudois le 27 septembre. (Jeudi 13 septembre 2018)

Claude D., assassin de la jeune Marie, s'est présenté une nouvelle fois devant le Tribunal cantonal vaudois le 27 septembre. (Jeudi 13 septembre 2018)

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Condamné le 24 mars à Renens (VD) à la perpétuité et à l'internement à vie pour avoir tué Marie en 2013 près de Payerne, Claude D. sera entendu jeudi par le Tribunal cantonal dès 9 heures. La lecture du jugement (dispositif et résumé des considérants) suivra le lendemain. A 9 heures, selon la défense. A une heure à confirmer, selon l'Ordre judiciaire.

Réquisitions refusées

Ce calendrier serré pour un cas exceptionnel peut laisser songeur. «Sur le plan des apparences, la date surprend. Le tribunal de première instance, lui, avait pris 12 jours pour rendre son jugement», note Loïc Parein, l'avocat de Claude D., avec Me Yaël Hayat.

La défense déplore aussi que la justice ait refusé ses réquisitions. En particulier celle demandant une Cour composée de cinq membres et non pas de trois, une possibilité réservée aux affaires posant des questions extrêmement difficiles et rares.

«La requête a été formulée avant la composition de la Cour. Il a été considéré que la cause n'est pas suffisamment importante et ne pose pas de question de principe. Pour le moins difficile à comprendre». «Si le prononcé d'une perpétuité et d'un internement à vie (une première en Suisse) ne remplit pas ces critères, quand le seront-ils?», s'étonne Loïc Parein.

Critique «absurde»

La défense a fait chou blanc également avec l'audition requise du Dr Bruno Gravier, qui suit Claude D. depuis plusieurs années. «On aurait eu une image actualisée de l'état psychique et non selon des expertises de plus de 18 mois», regrette l'avocat lausannois.

Me Jacques Barillon, qui défend la famille de Marie, balaie ces critiques. «Les juges de la Cour d'appel aborderont le procès avec une connaissance parfaite de toutes les pièces du dossier. Il est absurde de prétendre que ce procès est une simple formalité et que tout est joué d'avance, c'est même faire injure aux juges de la Cour», tonne l'avocat.

Incidents de procédure?

Quant aux mesures d'instruction ? «Tous les faits ont été établis avant et pendant le procès en première instance, tous les experts et témoins ont été entendus», affirme Jacques Barillon qui ne cache pas sa crainte que la stratégie du prévenu soit consacrée en large part à des incidents de procédure, comme à Renens.

Le père et la mère de Marie seront présents à l'audience, assure l'avocat. «Prêts à vivre avec courage un nouveau calvaire en raison du système de défense de l'assassin de leur fille», selon Me Barillon. Contacté par l'ats, le procureur général du canton de Vaud, Eric Cottier, a indiqué qu'il ne s'exprimerait pas dans les médias avant les débats.

Risque de récidive très élevé

Sur le fond, les positions sont limpides et les regards sont déjà tournés vers le Tribunal fédéral. Le Ministère public et les plaignants sont satisfaits du jugement de première instance: la réclusion à vie pour assassinat, enlèvement, séquestration et contrainte sexuelle. L'internement à vie parce que Claude D. présente un risque de récidive extrêmement élevé et qu'il est inaccessible à long terme à un traitement.

Dès la sortie du tribunal, la défense de Claude D. avait annoncé que «le combat continuait». «L'étape (du Tribunal cantonal) est incontournable. Nous n'avons pas déposé un appel «mou». L'attention de la Cour a été attirée sur tout ce que l'autorité inférieure a ignoré», insiste Loïc Parein.

Meurtre, pas assassinat

L'argumentaire de la défense est clair. Claude D. a commis un meurtre et non pas un assassinat. Il n'est pas un prédateur, sa responsabilité pénale est diminuée et sa peine devrait s'élever à 20 ans au maximum.

Quant à l'internement à vie, la mesure est incompatible avec la Convention européenne des droits de l'homme. De plus, selon la défense, les deux expertises psychiatriques divergent, contrairement à ce que prétendent les autres parties.

Antécédents

Pour rappel, Claude D. a été qualifié en mars de tueur en série par le président la Cour. Il a assassiné Marie dans la nuit du 13 au 14 mai 2013 alors qu'il était aux arrêts domiciliaires. Il avait été condamné en 2000 à 20 ans de prison pour avoir enlevé et tué son amie de l'époque. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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