Le procès politique avorté de Christoph Blocher

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Le procès politique avorté de Christoph Blocher

BERNE. Le conseiller fédéral s'est défendu bec et ongles. Il estime avoir fait son travail
en âme et conscience.

Sur le fond: rien de nouvau. Le débat urgent voulu par l'UDC et la gauche n'a pas apporté les lumières promises. Ces formations prétendaient que les Suisses avaient le droit de savoir de quoi il en retournait. Le parlement, Chambres réunies, s'est livré hier matin à des joutes oratoires qui n'ont pas permis d'éclairer la lanterne des citoyens. Christoph Blocher a expliqué que l'ex-procureur fédéral Valentin Roschacher est parti de son plein gré. Le Conseil fédéral aurait été informé dans les règles. Et de répéter que dans l'économie privée M. Roschacher aurait été démis de ses fonctions avec effet immédiat vu son refus de collaborer. Christoph Blocher a aussi contesté avoir émis des directives outrepassant ses compétences et avoir porté atteinte à l'indépendance du Ministère public de la Confédération. Les élus ont profité de la présence des caméras TV pour se mettre en évidence, en s'adressant parfois directement aux téléspectateurs. Josef Zisyadis (POP/VD) s'est, lui, adressé à Christoph Blocher: «Mme Kopp est partie pour moins que ça et vous, vous avez l'indécence de rester.» Jean-François Rime (UDC/FR) a demandé que «cesse cette chasse aux sorcières», alors qu'Ursula Wyss (PS/BE) a lâché que «l'UDC empoisonne la vie politique». PDC et PRD ont tenté en vain d'évoquer la surveillance future du ministère public.

Martial Messeiller

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