Actualisé 12.06.2009 à 04:22

Vol AF 447

Le processus d'identification a débuté

Des médecins légistes brésiliens ont entamé jeudi à Recife le processus d'identification de 16 des 44 corps retrouvés dans l'Atlantique, après le crash du vol AF447 dans la nuit du 31 mai au 1er juin, avec 228 personnes à bord.

Jeudi, trois nouveaux corps ont été récupérés.

Trois corps ont été récupérés jeudi par un navire brésilien, a expliqué le général Ramon Cardoso, porte-parole de l'armée de l'air brésilienne, ce qui porte à 44 le nombre total des corps récupérés. Mais les conditions météo étaient de nouveau difficiles: pluie battante, visibilité réduite et forts courants.

Le nom des victimes retrouvées, en fonction de leur localisation prévue au sein de l'avion, pourrait permettre de valider l'hypothèse que l'avion s'est disloqué en plein vol.

«Si les victimes retrouvées dans une zone de l'océan étaient toutes installées dans une même partie de l'avion et si les victimes, retrouvées dans une autre zone, venaient d'une autre partie de l'avion, cela vous dit vraiment quelque chose», a déclaré Peter Goelz, qui a dirigé la sécurité des transports aériens aux Etats-Unis (NTSB). Et peut-être même, poursuit-il, cela expliquerait quelle est la partie de l'avion qui s'est brisée dans les airs.

Les corps repêchés mardi étaient distants de 85 kilomètres des premiers cadavres découverts samedi, six jours après la catastrophe. «Retrouver ces corps aussi loin ou tellement séparés de la zone des débris est un indice très important et pourrait indiquer une rupture en plein vol ou au moins, que la cabine était ouverte», a analysé John Goglia, un ancien membre de la sécurité des transports aériens américains (NTSB).

Peter Goelz a précisé que, lors de l'explosion au large de Long Island du Boeing 747 de la TWA, parti de JFK pour Paris avec 230 personnes à bord le 17 juillet 1996, la nature des blessures identifiées sur les corps retrouvés a permis de confirmer que le nez s'était brisé et que le feu avait pris dans le réservoir de carburant.

Jeudi, les experts ont commencé à examiner les premières dépouilles et espèrent pouvoir les identifier à l'aide de leur ADN et de photographies. Les autres corps seront transférés vendredi à Recife (nord-est), depuis l'archipel de Fernando de Noronha, où ils sont conservés.

«Il devient de plus en plus difficile de trouver et de récupérer d'autres corps», a déclaré le général Ramon Cardoso, porte-parole de l'armée de l'air brésilienne. «Les chances de retrouver les corps de tous les passagers du vol Air France sont très faibles.» La décision d'un éventuel arrêt des recherches de nouveaux corps sera prise le 19 juin, a affirmé jeudi l'armée brésilienne.

Parallèlement aux recherches, un navire brésilien a déchargé jeudi 37 morceaux de l'Airbus A330-200 accidenté. Selon le vice-amiral brésilien Edison Lawrence, ils seront entreposés sur une base aérienne du port de Natal, jusqu'à ce qu'ils soient examinés par les enquêteurs français du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA). D'autres composants de l'appareil se trouvent encore à bord des navires qui recherchent des corps et des débris.

Des équipements américains, capables de localiser les éventuels signaux des boîtes noires à une profondeur allant jusqu'à 6.100 mètres sous le niveau de la mer, arriveront sur zone dans les prochains jours.

Parmi les derniers signaux transmis automatiquement par l'AF447, certains messages indiquent un changement de pressurisation de la cabine, équivalent à un changement d'altitude de plus de 548 mètres par minute, a révélé jeudi le porte-parole d'Airbus Stefan Schaffrath, qui a ajouté qu'Airbus ne disposait pas d'assez d'informations pour interpréter cela pour le moment. (ap)

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